le Canard de l’Etang

  • Accueil
  • > president de la Republique
6 mai 2011

La majorité lance la bataille pour 2012 et Sarkozy semble s’en satisfaire

Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore prononcé mais sa candidature à sa réélection ne fait plus de doute. Elle est devenue, parole de Juppé, « un secret de Polinichelle ». Du coup, ses sbires s’activent. La majorité met en place les prémices d’une campagne, quatre ans après le début de son mandat (certains articles dressent le tableau de son bilan : à lire ici et par exemple). Tous à l’abordage pour défendre le bilan du président de la République - alors que les sondages n’indiquent rien de bon.

Sans ses réformes, la France aurait couru au « désastre », souligne Henri Guaino. François Fillon et ses ministres, ainsi que l’UMP, lancent la bataille de 2012 pour ‘attraper’ ceux qui « doutent » (lire ici et ).

A la plus grande joie, d’ailleurs, du principal intéressé : « J’apprécie beaucoup le travail de Jean-François Copé et l’aide de cette formation politique », assure Nicolas Sarkozy dans les colonnes de L’Express. Et concernant la formule du ministre des Affaires étrangères sur son éventuelle candidature : « Je prends comme un compliment sa remarque. » Avant d’insister : Alain Juppé « est un homme crédible qui dit des choses justes ».

Le ministre d’Etat et maire de Bordeaux avait fustigé la « droitisation » de certains au sein de la majorité… Une bonne remarque, M. le Président ?

P.L

13 avril 2011

Quand le gouvernement se divise depuis les cantonales…

A un an de la présidentielle, certains ministres affichent leurs différences sur plusieurs points.

Depuis les cantonales, les membres du gouvernement ne s’entendent plus. Tous n’ont pas donné, d’abord, la même consigne de vote pour le second tour de l’élection locale. Certains ont clairement affiché leur préférence pour le PS en cas de duel gauche-FN. D’autres ont préféré suivre la voie de Jean-François Copé et du chef de l’Etat, celle du « ni-ni ». Le débat sur la laïcité a suscité, ensuite, des réserves de la part du gaulliste social François Fillon qui a boudé le rendez-vous de l’UMP.

Et ce n’était qu’un début : la règle de la non-reconduite d’un fonctionnaire sur deux ne plaît plus à l’ensemble du gouvernement. François Baroin veut poursuivre la mesure. Le secrétaire d’Etat à la Fonction publique, Georges Tron s’y oppose. Autre fracture : l’immigration légale. Quand Claude Guéant et Xavier Bertrand veulent la réduire, Christine Lagarde ne suit pas ses collègues.

La prochaine présidentielle provoque aussi quelques remous chez les ministres. Nicolas Sarkozy coule dans les sondages, François Fillon, voire Alain Jupé, apparaissent comme des outsiders pour représenter la majorité présidentielle en 2012.

Et dans ce contexte, l’ancien N°2 du gouvernement Fillon, le radical valoisien Jean-Louis Borloo s’échappe de l’UMP, construit sa candidature au nom d’un rassemblement « centriste, écologique et social ».

Du coup, ses concurrents de l’intérieur appellent au rassemblement de toute la droite et du centre. Outre Copé et Larcher, François Fillon – qui avait été reconduit à Matignon à la place de l’ex-ministre de l’Ecologie, candidat au poste de Premier ministre, à l’époque – et Alain Juppé – qui, à la suite d’une défaite aux législatives en 2007 avait été remplacé dans sa fonction de ministre d’Etat par… Borloo – ont critiqué la volonté d’indépendance du patron des radicaux valoisiens. Il faut se rassembler dés le premier tour et non éparpiller les voix, ont-ils rappelé.

Le ministre de la Ville, Maurice Leroy (NC), se montre, au contraire, ravi de l’éventuelle candidature de Borloo.  Elle permettrait, selon lui, d’éviter la défaite de la droite en disqualifiant la gauche pour le second tour de la présidentielle.

Borloo pourrait en effet « choper » les voix de certains villepinistes pour gêner l’ex-Premier ministre s’il se lançait à l’aventure. Attirer des centristes de Bayrou, pas dupe de la manœuvre politicienne. Capter une partie de l’électorat écologiste tenté par le populaire Hulot, son « ami » qui vient, lui, de se présenter officiellement à la présidentielle. Et peut-être quelques sympathisants de centre-gauche, charmés par DSK.

Des électeurs utiles au chef de l’Etat s’il veut passer le premier tour en 2012… Or, au vu des sondages quotidiens, c’est loin d’être gagné. Nicolas Sarkozy se voit régulièrement talonné par le candidat socialiste et Marine Le Pen.  La stratégie chère à Buisson de se rapprocher des idées du FN, depuis l’affaire des Roms à l’été dernier, devait permettre d’abattre la formation d’extrême droite comme lors du dernier scrutin de 2007. L’échec est patent.

Le président de la République a, en outre, irrité son électorat de centre-droit. Le chef de l’Etat s’en serait-il rendu compte ? Aurait-il donc proposé au centriste Borloo de s’émanciper pour que Nicolas Sarkozy puisse se sauver ? Y aurait-il un pacte entre les deux pour que l’un reste à l’Elysée et que l’autre gagne Matignon en 2012 ?

Des interrogations qui n’engagent que l’auteur… ou pas.

P.L

1 avril 2011

On refait le match

« Ce serait un beau match. » Eric Besson évoque ainsi l’éventuelle confrontation entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn en 2012.

Scrutin présidentiel, rencontre sportive, même combat ? Entre la politique et le football, la frontière semble poreuse…  Joueurs et politiques pratiquent, en fait, la même activité sur le terrain. Certains temporisent, la balle au pied. D’autres foncent, droit au but, tête baissée… Et forcément, le succès n’est pas toujours au rendez-vous. Personne n’est à l’abri d’une défaite.

Soit l’équipe se fait tacler et prend une branlée. Soit elle assure la victoire et marque des points. Tout dépend de l’équipe et de ses individualités. Les joueurs, unis et solidaires, peuvent gagner. Or, s’ils la joue perso et non « collectif », préférant le drible à la passe, ils prennent un risque.

Quand l’arbitre siffle la fin de partie, les caméras sont braqués sur le résultat. Dans le vestiaire, plus tard, les uns se congratulent, se tapent dans la main. Les autres en prennent pour leur grade…

Après la rencontre, les joueurs refont le match. Mais, revers de la médaille, les langues se délient, des signes d’inimitié apparaissent au grand jour entre membres d’une équipe divisée… Ils ne peuvent pas tous s’encadrer, se voir, s’entendre. Et ils n’ont plus honte de le dire suite à la déroute.

Face à la cacophonie, le grand manitou se doit d’intervenir. Distribuer les cartons jaunes. Le prochain match arrive à grand pas. Et l’équipe doit se ressaisir, se rabibocher. Comment procéder? Un rendez-vous dans le bureau du chef pour clore l’incident. Une sanction verbale pour les fauteurs de trouble… Puis, à la sortie, pratiquer une gymnastique linguistique commune pour minimiser les bisbilles. Marquer la fin des embrouilles. Ou, du moins, pour faire semblant qu’elles n’existent plus. Car personne n’est dupe, c’est entendu.

Toute allusion à l’actualité politique serait fortuite…

P.L

3 mars 2011

La cour des comptes dénonce le musée «fantôme» des sports

Article publié sur Marianne 2

Mais quel est donc ce musée national du sport? La Cour des comptes fustige dans son dernier rapport public annuel l’établissement labellisé musée de France : pas de local, pas d’installation permanente, aucune priorité. En un mot, un musée virtuel si peu visité…



Musée national du sport - capture d'écran - Dailymotion - sport 365

Musée national du sport – capture d’écran – Dailymotion – sport 365


Le musée du sport national, vous connaissez ? Avec 600 000 objets et documents, il possède l’une des plus importantes collections au monde portant sur l’histoire des sports. Toujours pas ? Pourtant, né en 1963 (!), il vise, selon le ministère des Sports auquel il est rattaché, à « faire découvrir l’éthique du sport, à montrer comment il est le reflet de notre société d’un point de vue historique, sociologique et anthropologique ». En un mot, il se veut le « musée de l’identité sportive ». Noble cause, non ?

Mais il reste méconnu du grand public. La Cour des comptes, dans son rapport annuel, rendu public le 17 février, utilise d’ailleurs le terme de « musée imaginaire » pour qualifier l’établissement public administratif et « musée de France » depuis 2004.  Imaginaire… Ou, plutôt, sans véritable local, ni galerie permanente ni installation. Domicilié au Parc des Princes à partir de 1979, il bénéficie à l’intérieur du stade parisien, de deux étages. Mais sa collection n’a été présentée de manière continue qu’entre 1988 et 1997. L’organisation du Mondial en France a eu raison de ce musée si précaire : les salles ont fermé à ce moment-là, faute d’espace.

Une partie des pièces a déménagé en juin 2008 dans le XIIIe arrondissement de Paris, boulevard de France, dans les locaux de la secrétaire d’État au Sport (Chantal Jouanno actuellement). Une « vitrine » – nom du pseudo-musée – qui n’expose que… 350 objets : 1200 m2, trois salles contiguës au premier étage avec une boutique au rez-de-chaussée. La « vitrine »,  aura coûté la bagatelle de 4.4 millions d’euros. L’enveloppe initiale ne prévoyait pourtant que… 3.5 millions. Le chantier avait, de surcroît, pris « des retards en cascade » selon les dires de la Cour des comptes.

A l’intérieur, des objets nécessaires à la pratique sportive, comme le gant de boxe de Marcel Cerdan ; des objets témoignant de l’organisation d’une compétition (affiches par exemple), mais aussi des œuvres artistiques, notamment  la prestigieuse coupe dite « Gravelotte » des premiers jeux d’Athènes en 1896. La « vitrine » se compose d’une galerie permanente, « Le sport s’expose », et d’expositions temporaires.

Or, le succès, en revanche, s’est fait attendre. Entre juin 2008 et septembre 2009, seuls 11 173 visiteurs ont pris la peine de passer l’entrée, une moyenne de… 50 personnes par jour. Et cela malgré un ticket d’accès bon marché : 4 euros au tarif plein et gratuité pour les mineurs. Au total, le musée a gagné, durant cette période, seulement 23 000 euros.

C’est bien connu, la quantité ne fait pas la qualité… sauf quand celle-ci manque aussi à l’appel. La Cour des comptes souligne « le champ muséologique très vaste », et met en lumière « l’absence de définition des priorités ». La preuve ? Le musée a mis en place un conseil scientifique et culturel consultatif en novembre 1991 pour « définir la stratégie d’enrichissement de la collection ». Mais il ne s’est réuni qu’une fois l’an entre 1992 et 1995 et aucune trace d’un quelconque compte rendu ultérieur… jusqu’à la métamorphose du musée en un établissement public en 2006 qui prévoit en principe un conseil d’administration en compagnie d’une instance scientifique (selon la loi sur « les musées de France »), saisie avant toute acquisition d’objets.

La Cour des comptes précise que ce musée « n’est pas parvenu à formuler une stratégie précise en matière d’enrichissement de la collection, sinon en se contentant de souligner la complexité de cette entreprise ». Un projet culturel et scientifique a été redéfini en novembre 2010. Mais il reste encore au ministère de la Culture de soumettre l’approbation. Le musée évolue certes, mais au pas d’escargot…

Le rapport fustige, par ailleurs, le manque d’engagement (« une attention limitée », écrivent les magistrats) du ministère des Sports qui alloue au musée un budget de 0.9 millions d’euros. Pendant longtemps, sa tutelle était « éclatée entre deux services du ministère (…) la direction des sports devait définir les orientations générales du musée » sans avoir à s’occuper de l’administratif et des finances. Cette dichotomie a cessé en 2008… Mais les problèmes ne se sont pas arrêtés pour autant : l’actuel directeur général (nommé conjointement par les ministres du Sport et de la Culture) n’a reçu une lettre de mission qu’onze mois après sa nomination. A cause de grèves à la Poste ?

Mais pas de panique : l’optimisme est de mise, la ministre des Sports, dans un droit de réponse publié par le rapport, évoque, pour le musée, « un nouveau cap dans son développement ». Un protocole d’accord a même été signé en mai 2010 entre le ministère du Sport, le musée et le maire de Nice pour que l’établissement s’installe dans la ville dirigée par Christian Estrosi à l’intérieur du prochain « grand stade » : une mise à disposition d’une surface de plus de 5000 m2. Mais la galerie dans le XIIIe arrondissement ne disparaît pas tout de suite : le ministère des Sports a signé un bail courant jusqu’à fin 2012… 

 

P.L

13 février 2011

Sarko, ceux qui l’aiment prennent l’avion…

Article publié sur le site de Marianne

Décidément, le rapport à l’aviation n’est pas simple en Sarkozie. Et l’on ne parle pas là de la vente sans cesse repoussée des Rafales au Brésil, mais bien des polémiques successives sur les voyages privés en avion des membres du gouvernement. Jets privés prêtés par des amis ou avions d’état utilisés à des fins personnelles, de MAM à Fillon, en passant par Estrosi ou bien sûr Sarkozy : retour sur ces voyages à risques.

 


Air Sarko One - capture d'écran - Dailymotion - Lepostfr

Air Sarko One – capture d’écran – Dailymotion – Lepostfr

 

 


Un voyage dans les airs d’un membre de gouvernement et, hop, une polémique… Un scoop dans la presse peut (facilement) susciter une flopée de commentaires venant de la classe politique, en particulier du banc de l’opposition.

MAM vient d’en faire les frais. A l’origine de l’affaire, des vacances au soleil, ou plus exactement en Tunisie, où le vent d’un soulèvement populaire souffle depuis le 17 décembre. La ministre des Affaires étrangères, pourtant considérée comme intègre et mesurée, s’est permis une petite escapade en jet privé et en famille, durant son séjour entre Noël et le jour de l’An. Le problème, le bolide des airs appartient à un proche de Ben Ali. Devant le feu des critiques de la presse et de la gauche, l’ex-garde des Sceaux a alors dû, vendredi dernier, se défendre sur le plateau du journal télévisé de France 2. Peine perdue : des journalistes ont moqué son argumentation approximative. Et Le Nouvel Obs’ révèle, le lendemain, l’existence d’un deuxième voyage à bord du jet privé d’Aziz Miled.

Elle ne dément pas, reconnaît son erreur de jugement, mais rien n’y fait. L’opposition continue de crier au scandale. Certains exigent même sa démission, alors que la majorité la soutient. Comme Nadine Morano qui ne s’est pas empêché, toutefois, de glisser : « Je ne serais pas partie en Tunisie. »

Le Premier ministre défend aussi sa ministre d’État. Car, entre amateurs de voyages en avion, on se comprend ? Mardi 8 février, pour griller le scoop du Canard Enchaîné qui publie un article à ce sujet, François Fillon avoue avoir emprunté, durant les congés de fin d’année, un avion du gouvernement égyptien. Matignon publie un communiqué détaillé de son séjour en famille, qui témoigne d’une nervosité inhabituelle. Craint-il de se faire taper sur les doigts par la presse ? Par le président de la République ? Ou veut-il apporter un répit à MAM ?

Ce n’est guère la première fois que des membres du gouvernement utilisent ce mode de transport avant de se faire sermonner.

Un premier scandale a visé l’ex-secrétaire d’État à l’Outre-mer, Christian Estrosi, qui a commandé en 2008 un avion privé pour rentrer en France assister à une cocktail organisé par l’Élysée. Un voyage au prix de 138 000 euros… Christian Estrosi présente ses excuses… le jour de la parution du Canard Enchaîné qui a sorti l’information.

Alain Joyandet, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, a, lui aussi, voyagé à bord d’un jet… pour la coquette somme de 116 500 euros. Pour des vacances? Non, pour se rendre en Martinique à une conférence internationale sur la reconstruction d’Haïti. Conscient de sa bourde, Il se voit alors contrant de démissionner, au même moment, d’ailleurs, que son collègue Christian Blanc – qui, lui, quitte son poste pour son goût prononcé pour la consommation de cigares.

Or, Michèle Alliot-Marie a voulu se différencier de son ex-collègue : « Je n’ai pas dépensé un sou français ou tunisien », a-t-elle juré, hier, devant les députés, à l’Assemblée. Au contraire, donc, d’Alain Joyandet.

Il faut rappeler que le chef de l’État exige, depuis la dernière campagne présidentielle, une « république irréprochable » (sic !). Car, oui, Nicolas Sarkozy, en tant que maître d’orchestre de l’exécutif, tente de montrer qu’il donne l’exemple. La preuve ? Il a, récemment, rejoint les États-Unis depuis Bruxelles, le weekend du 5 février, à bord d’un Falcon 7X de l’Etec, l’escadron des avions de la République. Et réglé son billet et celui de son épouse au prix commercial, comme le lui demandait la Cour des comptes.

Le président, exempt de tout reproche ? Pas forcément… La presse belge – et non française – a révélé que Nicolas Sarkozy a mobilisé deux avions, Air Sarko One et le Falcon, pour faire un Paris-Bruxelles (à l’occasion d’un sommet européen, juste avant de s’envoler pour les États-Unis). Les deux capitales ne sont pourtant séparées que de quatre-vingt minutes de voyage en train. Et le transport ferroviaire aurait été moins pollueur. Le député socialiste René Dosière s’offusque.

Mais la cause n’est pas perdue : l’Élysée a publié, mercredi matin, un communiqué afin de demander à ses ministres de « privilégier la France » pour leurs congés…

Dans le même temps, on a frôlé de peu une nouvelle polémique à base d’avions, de pays sous tensions et de représentants de la République. Selon Libérationle président de la République aurait interdit, à la dernière minute , le voyage de trois députés UMP, souhaitant rejoindre la Côte d’Ivoire pour un séjour entre le 4 et le 8 février, ce voyage faisant trop la part belle à Laurent Gbagbo. Il y a parfois du bon à rater son avion et à rester sur le tarmac. 

13 février 2011

Proposer l’interdiction du tabac pour créer le buzz ? Raté…

Article publié sur Marianne 

Ou comment se débrouiller pour qu’on parle (un peu) de vous dans les médias… Jacques Attali propose d’interdire le tabac en France. Une mesure controversée et peu reprise dans les médias.

 



Serge Gainsbourg - capture d'écran - Dailymotion - ina

Serge Gainsbourg – capture d’écran – Dailymotion – ina


La Finlande a voté, en automne 2010, l’interdiction du tabac à l’orée de l’année 2040 et les moins de 18 ans n’ont plus le droit de fumer. Jacques Attali propose, lui, de transposer cette mesure… en France, une magnifique martingale pour désendetter l’Etat.

Car, il faut le dire – et Attali s’y colle -, la cigarette, c’est bien pire que le terrible Mediator. Il n’y qu’à voir les statistiques que l’ex-conseiller de Mitterrand s’empresse de noter : « Personne, absolument personne, ne se demande pourquoi on ne traite pas avec la même sévérité un produit totalement inutile, à la nocivité aujourd’hui avérée, consommé chaque jour par 1,3 milliard de personnes dans le monde et qui fait chaque année 5 millions de morts, soit plus que le sida et le paludisme réunis. » Le médicament conçu par Servier, n’aurait, en revanche, causé qu’entre 500 et 2000 morts… Or, critiqué par le monde médical, il avait pris l’eau voilà deux ans.

Le (très) libéral socialiste souligne certes que des mesures ont été prises pour « réduire l’usage » du tabac dans l’espace public. Il évoque certes le prix d’un paquet de clopes qui grimpe de manière régulière. Mais simplement pour tacler les producteurs de cigarettes : « La hausse (…) ne fait qu’augmenter les profits des compagnies et les revenus des États, coupables de complicité d’empoisonnement. » Mais les faits sont là : les Français fument beaucoup (« 25% » d’entre eux), y compris les jeunes, et surtout les femmes, comme le rappelle, à juste titre, Jacques Attali.

Au-delà du danger lié à la consommation du tabac, cette mesure aurait des effets néfastes. N’en déplaise à l’écrivain Attali qui sous-estime les nombreuses conséquences : « On remettrait en cause quelques emplois », souligne-t-il. Seulement quelques-uns? « Les États perdraient quelques recettes ; on encouragerait pour un temps le marché noir (déjà important ) ; on devrait faire quelques dépenses pour désintoxiquer ceux qui le sont. »

L’idée saugrenue, forcément, dérange du côté des principaux intéressés :  les buralistes, par la voix de leur patron, Pascal Montredon (à la tête de la confédération des buralistes), se montrent « abasourdis » et parlent de « propos totalitaires ».

« On gagnerait tant en qualité et en espérance de vie que le bilan, même économique, serait évidemment partout positif », martèle l’économiste Jacques Attali. « Pourquoi pas supprimer le soleil qui provoque chaque jour des cancers de la peau ? », ironise Yves Trévilly, porte-parole de British American Tobacco France.

Pas de panique : l’économiste, qui a planché pour Nicolas Sarkozy sur la croissance en 2008, n’avait pas été repris à 100%. Loin de là : les propositions de la commission du docteur Attali – dont celle sur la libéralisation des taxis – avait été peu suivies…

Et, de toute manière, son idée ne fait guère la « une » de la presse, ce matin : pas une ligne dans La Tribune, Le Figaro ou Les Échos ; ni sur les sites d’information comme Mediapart, Rue89 et Slate.fr (site cofondé par Jacques Attali). Rien qu’une brève dans La Croix, L’Humanité, Le Parisien, Libération. Et un petit article dans les colonnes de France Soir. Pas vraiment un succès…

7 février 2011

Web-séries :s’engager pour se faire connaître

Article publié dans Marianne

On ne compte plus les Web-séries sur la Toile, des productions souvent auto-financées avec de jeunes comédiens. L’idée ? Se faire connaître et partager sa passion. Mais pas seulement : il s’agit aussi de transmettre certains messages. Souvent d’ordre écologique.



Dessin - Louison

Dessin – Louison

Les séries ne se regardent plus qu’à la télévision. On peut les suivre sur le Net, où elles sont diffusées à outrance. Le nombre de visionnages et leur popularité grimpent en flèche. Parmi ces feuilletons, certaines surfent sur la vague écolo. Et traitent de développement durable, sujet à la mode par les temps qui courent.

Chacun son format (des épisodes de 2 à 10 minutes, en général), chacun son ton. Quelques séries défendent leurs idées par l’humour au premier degré, en particulier grâce à l’effet de blagues – pas toujours réussies – qui se succèdent. C’est le cas de Planète Bureau, une série qui vise à sensibiliser les entreprises aux éco-gestes. Elle est née d’une collaboration entre une agence de communication engagée, ICOM, et une troupe de théâtre, La compagnie du 4. Trois volets ont déjà été diffusés avec un thème par épisode.

D’abord, le covoiturage, décrit comme une manière « conviviale » de se déplacer qui permet une économie d’essence et d’accident de la route, rappelle l’une des personnages féminins. Peu dupe, toutefois. Ce mode de transports resterait peu populaire, regrette-t-elle, faussement affectée. Celle-ci n’arrive pas à « convaincre ses collègues ».

La série se penche aussi sur le gaspillage de papier et des bouteilles en plastique. Et là non plus, la protagoniste peine à responsabiliser les membres de sa boîte. Exemple, l’un des personnages, sceptique, ne veut pas changer ses habitudes et passer à l’eau du robinet… car il préfère l’eau gazeuse.

Pathétique ? Ridicule ? Un peu…   Bienvenue au pays des « Bisounours » !


Épisode 1 : « co-voiturage… ô désespoir »
envoyé par Planete-Bureau. – Gag, sketch et parodie humouristique en video.

 

De ce feuilleton au ton comique, un brin raté, un brin tordu, on passe au sombre univers de la Web-série The Coat, une fiction née en 2007 (9 épisodes diffusés), qui dresse le tableau d’un monde, ravagé par une explosion et sans humanité. Une vision d’un futur possible ? « Nous voulions montrer ce que pourrait devenir la terre si on ne fait rien aujourd’hui », explique l’un des trois créateurs, Mathieu Caillière. Le metteur en scène et acteur principal pointe les dangers « du réchauffement climatique, de la montée des eaux, de la fonte des glaciers ». A la naissance de ce projet, en 2007 – « à une époque où l’on ne parlait pas beaucoup d’écologie » -, il travaillait dans le domaine du développement durable.

Et lui, aussi, a toujours voulu sensibiliser. « Éteindre la lumière, fermer le robinet », ça reste important, ce sont des gestes utiles. Mais, promis, pas d’approche moralisatrice dans la série. Vraiment ? Ne joue-t-elle pas sur nos peurs ? Sur un certain catastrophisme ambiant ?

Elle débute par le réveil du protagoniste. Seul, il découvre un monde… différent et décoiffant. Au départ, peu d’action et beaucoup de lenteur. Puis, au fil des épisodes, tout s’accélère. Le héros croise des survivants… craintifs, anxieux. Ce qui révèle « une insécurité, un retour au côté primitif de l’homme », comme l’explique Mathieu Caillière. Qui évoque ensuite la quête du personnage qu’il interprète : rejoindre une terre d’espoir, la seule poche d’humanité encore existante : Babylone. « C’est la cité du mystère, l’éden de l’espoir », sourit le metteur en scène.


The Coat – Bande-Annonce 01
envoyé par Seb-PJ. – Regardez des web séries et des films.

 


Le futur, d’autres web-séries en parlent aussi. Exemple : Le Visiteur du Futur, un feuilleton qui évoque le sauvetage de la planète (« sauver le monde ») sur un ton plus léger. Mais ce n’était guère l’idée de départ : « J’ai d’abord créer quelque chose qui n’existait pas à la télévision, une science-fiction humoristique », raconte le créateur et scénariste de la série, François Descraques. La première saison propose, au début, quelques épisodes à histoire bouclée : « Des sketchs » indépendants et « facile à réaliser ».



Le visiteur du futur EPISODE 1
envoyé par FrancoisDescraques. – Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.

 

Mais comme la série, qui « vise un public large », fonctionne bien, le créateur a « changé la formule » en cours de route. Et écrit une intrique sur du plus long cours. Les épisodes de la saison 2 (l’épisode 7 vient d’être diffusé) durent plus longtemps – dix minutes environ -, sont « plus pertinents » et reliés les uns aux autres. Il s’agissait dorénavant, pour le créateur, de « montrer ce que c’est de vouloir transformer le monde, ce que cela peut impliquer dans la vie de tout les jours. Les gens n’ont pas tous envie, y compris moi, confie François Descraques, de changer leurs habitudes et faire des sacrifices pour le bien de la planète. »

Et il s’emploie à illustrer son propos à l’écran par l’absurde. Le visiteur du futur recommande par exemple de ne pas manger de sandwichs, de ne proposer aucun rendez-vous galant à une fille, de n’acheter aucune bouteille de lait, mais encore de ne pas se rendre à une boulangerie. Des actions qui, selon le visiteur du futur, conduiraient à la catastrophe dans un temps éloigné du présent.

Mais on en a tous cure, croit savoir François Descraques : « Personne ne veut renoncer à son bonheur, à son plaisir, excepté, peut-être, des moines bouddhistes », sourit-il.

Tous égoïstes ?

03 Nicolas Sarkozy 1er : pour une nouvelle taxe carbonne !
envoyé par lesmiettesTV. – Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.


Cette série SF, un brin délirante, un brin philosophique, n’a, en fait, rien de politique. Au contraire de « La quête sans Fin », une production presque théâtrale qui met en scène une époque médiévale avec, entre autres, deux protagonistes, le preux chevalier Nicolas 1er et la fée Golène… Qui font référence, bien sûr, à l’actuel chef d’État et à la candidate socialiste à la présidentielle de 2007. Les deux créateurs – et acteurs, au passage  -, Jonathan et Isabelle Meli, ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin : ils prévoient de créer un nouveau personnage pour une saison 2 : « Une femme qui vole aux étrangers pour rendre aux Français », allusion non masquée à Marine Le Pen, qui vient d’être « adoubée » présidente du FN.


« Une taxe contre tout sujet qui salit la nature»

« Il est possible de dresser un parallèle entre l’époque actuelle et le Moyen-Âge », explique Jonathan Meli. Avec une préférence : l’utilisation d’un ton léger, comique, caricatural et démagogique pour traiter « de sujets marronniers qui reviennent à intervalle régulière dans les médias ». Y compris, donc, l’écologie, thème central du troisième épisode (sur 9 déjà en ligne) : « A l’époque, on parlait beaucoup de la taxe carbone. On s’en est servi pour l’histoire : Nicolas 1er décide d’instaurer un impôt pour tout sujet qui salit la nature. » Ou comment inventer une taxe populaire…

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce couple parle d’écologie. Dans une précédente Web-série, Un jour de plus, aujourd’hui défunte, les deux avaient évoqué, le temps d’un épisode, les animaux en voix de disparition et ces « hommes pollueurs et méchants ».

« Ce qu’on recherche, c’est de faire réfléchir les gens », conclut Jonathan Meli, apôtre d’une « éducation populaire ». Mais non prise de tête.

Décidément, la vague verte n’a pas fini de se déployer…

9 janvier 2011

Le comportement des politiques agace les lecteurs de Marianne2.fr

Article publié sur le site de Marianne

Surfant sur la vague de Stéphane Hessel, auteur du livre à succès :«Indignez-vous!», les Mariannautes ont pris la plume pour se …révolter. Ce qu’on retient des témoignages : l’attitude de certains politiques, proches, selon eux, des milieux financiers, les agace. Autant que certains journalistes et certaines équipes sportives de France… Florilèges de commentaires !

Qu’est-ce qui agace les Mariannautes ?

Dans la foulée de la publication du premier numéro de Marianne de 2011 (Qu’est ce qui vous indigne ?), nous vous avons demandé de vous exprimer.

Le premier motif de révolte, de très loin, semble être le comportement des politiques : Nicolas Sarkozy,  Rama Yade (la « bobo », écrivent certains), les socialistes… Certains lecteurs du site Marianne2.fr soupçonnent la caste politique de tremper parfois dans la corruption. Mais toutes les élites sont montrées du doigt : banquiers, dirigeants du CAC 40, …

Autre source de courroux ? La spéculation grimpante, les journalistes, les membres de l’équipe de France de tennis, «pour la plupart, exilés fiscaux suisses» (selon un Mariannaute), et les vingt-trois Bleus, lors de la dernière coupe du Monde de football en Afrique  du Sud.

Mais encore ? Ah oui, la neige et le prix des huîtres…

Florilège de commentaires argumentés ou simplement drôles.


Nathalie Carmona : «Que dire devant la défection croissante des Français face au suffrage universel ? Nos politiques, de droite comme de gauche, nous trahissent régulièrement en préférant leurs petites combines et en soignant leur égo, délaissant le bien-être de leurs concitoyens».

 

Francis Bonnet : Le C.A.C. craque 

«Après la crise de 2008, j’avais écrit le texte (prémonitoire ?) : «Le C.A.C. craque»

«Pièce par pièce, une à une, t’avais fait fortune, mais le CAC craque. Pour tes tunes, c’est plus la roue de la fortune car le CAC craque. Les banques se vident. N’ont plus le gros bide à cause de leurs bêtises et du CAC qui craque. (…) Épargnant, maintenant t’es perdant. Le CAC craque. Même si t’as la haine, faut sauver le système, pour empêcher que le CAC craque. Tu croyais que l’argent était essentiel et très important, pourtant le CAC craque. La solution ne serait-elle pas la Révolution quand le CAC craque ? (…) Demain serez au chômage pendant que les traders feront leur fromage même si le CAC craque. Écoutez bien le gouvernement et ses leçons, serrez bien la ceinture de vos caleçons puisqu’on vous le dit : le CAC craque. Quand bien même z’avez la haine, faudra en chier pour sauver le système car le CAC craque.»


Séraphin :« La corruption de nos politiques, l’aveuglement de nos politiques, la financiarisation de l’économie et l’inertie de nos politiques,  les 6 millions de chômeurs et l’inertie de nos politiques, les 7 millions de pauvres et l’indifférence de nos politiques.»

France Pillee
: « M’ont révolté en 2011 : 1° l’attitude d’une majorité de journalistes bobos-masos suicidaires, pro-burqa, pro-islam, pro-immigré, pro-tireur de Villiers le Bel ; 2° la poursuite de l’immigration ; 3° les prières des Musulmans, rue Myrha et Poissonnière ; 4° la non-application des peines de justice ; 6° les grèvistes des retraites ; 7° la sous-taxation des héritages, des revenus et des patrimoines ; 8° les revenus indécents des artistes, footballeurs, acteurs, patrons, etc… ; 9° l’équipe de France de tennis, composée d’expatriés fiscaux suisses ; 10° l’équipe de France de football, composée de voyous et d’enfants gâtés ; 11° les faux-culs écologistes, telle Cécile Duflot avec ses quatre enfants et son séjour aux Maldives ; 12° les privilèges du Sénat.»

Ali-Mage
: «La fausse devise française : Liberté-Égalité-Fraternité. Actuellement ce serait plutôt : Cupidité – Spéculation et enculades.»

Dom Ducn : « 1. l’impunité des directeurs de banques ; 2. le cynisme de Sarko et de son clan ; 3. leur mépris de notre constitution ; 4. leur mépris des gens ordinaires (…) pauvres ; 5. leur populisme à vomir ; 6. la fin de toute valeur morale, remplacée par l’adoration du veau d’or ; 7. la perte du sens (des mots, de la vie, de la mort, de la justice, de la fraternité, de la solidarité…).»

Philippe Coupellier  : «Que la personnalité politique préférée des Français soit Rama Yade, une bobo qui n’a aucun courage politique, la reine du rétro-pédalage… Preuve que les Français votent pour des gens à leur image, sans aucun courage !»

Alain Redon : «La suppression de l ‘ISF ! Donner quitus aux grandes fortunes qui se désolidarisent du sort de ceux qui sont dans le besoin…»

Yves-Serge Melamedoff : «Le consensus général que l’on trouve, quelque soit la radio que l’on écoute, pour nous vendre le centrisme, l’inexorabilité de la crise, de la mondialisation heureuse et de l’impossibilité d’une autre politique que celle prônée par les Sarkozy, DSK et les autres.»

ELiHaNNaH : «Ce qui me révolte? Le manque de neige : j’avais décidé de faire de la luge et nada ! Rien ! Snifffff !»

Elie Arié : «Ce qui me révolte, c’est la hausse du prix des huîtres.»

 

P.L

1 janvier 2011

Vœux des politiques : le blabla du 31 décembre

Hervé Morin a adressé ses voeux aux Français depuis sa cuisine le 31 décembre 2010.

Ils recommencent chaque année. Entre le 30 décembre et le jour du Nouvel An, les politiques adressent (presque) tous leurs vœux aux Français. Un message destiné à leurs électeurs, cette fois-ci, à deux ans de la présidentielle. Un exercice ludique et intéressé. Une communication finement préparée.

Il s’agit d’abord de se présenter comme le commun des mortels dans une période de crise. Hervé Morin, debout dans sa cuisine, débute son allocution par un mignon : je me trouve « dans le lieu que j’aime le plus ». Puis continue son récit, sans avoir peur d’en faire trop. Il assure aimer préparer les repas ainsi que le « bon vin ». Et alors que préfère-t-il? Le ballon de rouge ou le verre de blanc? On aimerait savoir…

François Bayrou, aussi filmé de chez lui, reste plus mesuré. De son bureau, derrière une bibliothèque, en petit pull, enfilé sur une cravate noire, il évoque les gens « dans le chagrin » puis les otages français, dont des journalistes. Fatigué, le patron du Mouvement démocrate se montre naturel et termine même par un joli sourire adressée à ses ouailles. Ceux qui lui ont envoyé des mots doux, des messages de soutien quand il a eu ce malaise, voilà quelques jours.

Les socialistes Martine Aubry et Ségolène Royal utilisent le même argument : la carte de la proximité avec les faibles, les ‘petites’ gens. Une pensée pour les pauvres, pour les « gens en difficulté » (dixit Ségolène Royal), voire les « malades » (Martine Aubry).

Nicolas Sarkozy, il faut bien le dire, en prend, lui, pour son grade. Ses opposants en appellent au rassemblement. A « la force du progrès, de la gauche, des Français qui veulent que ça change », confie la candidate socialiste de 2007. L’alternance, glisse-t-elle, « nous y parviendrons tous ensemble ». Comme c’est beau :  chaque Français devrait verser sa petite larme. Mais attendez, ce n’est pas tout : la Première secrétaire du PS propose de reconstruire, ne riez pas, une « France juste, forte et confiante ». Françaises, Français, sortez vos petits mouchoirs.

L’avenir, les centristes en parlent aussi. François Bayrou cite ses thèmes de prédilection : l’éducation, les emplois. Hervé Morin, son ancien bras droit mais désormais concurrent, préfère fixer ses priorités pour 2011. Partir « à la rencontre des Français » à l’occasion d’un tour de Gaulle. Et tracer la voie « du rassemblement » de la famille centriste, éclatée et divisée.

Morin, Villepin : même combat. Le meilleur ennemi de l’actuel chef de l’Etat, président de République solidaire, rend presque publique sa candidature pour 2012 avec un cultissime : « Vous pouvez comptez sur moi. » Ah oui?

De ces remue-ménage, le président de la République, distant et froid, n’en a cure : il angle son message traditionnel de fin d’année sur le Front National, ces partisans du retour des monnaies nationales : Nicolas Sarkozy soutient, explique-t-il, « l’euro » et … « François Fillon ». Comme si on en doutait encore.

Restent les cancres, ceux qui ne veulent tenter l’exercice de la vidéo. Cécile Duflot refuse de jouer le jeu, comme l’a rappelé TF1 au 20h du 31 : la patronne d’Europe-Ecologie-les Verts n’en verrait guère « l’utilité ». Fainéante, l’écolo?

Les communistes préfèrent, peu à tort, d’ailleurs, la comédie. Le parti, vieux briscard de 90 balais, présente une parodie du discours de Nicolas Sarkozy. Amusant ! (Au passage, la Une n’a pas voulu passer des extraits de cette vidéo dans son dernier journal télévisé de l’année 2010). 

Quant à leur encombrant ami du Parti de Gauche, le terrible Jean-Luc Mélenchon, il écrit ceci sur son blog : « D’aucuns sollicitent mes précieux souhaits pour l’avenir. A condition d’avoir le bon gout de les formuler en images. Une vidéo. Comme Bayrou, Villepin et ainsi de suite. Caramba ! Que n’y ai-je pensé ! J’aurais été beau comme un camion neuf devant son parking. « Mes chers compatriotes, jusque là vous deviez écouter le chef de l’état. Cela vous collait les boules si vous ne l’aimiez pas ou ça vous mettait en jambes pour les huitres si vous étiez de son bord. Dorénavant, vous devrez écouter aussi les hautes pensées et larges visées de tous ses concurrents d’hier et de demain, plus tous ceux qui se la pètent grave. Françaises, français, ayez pitié des ces malheureux, ils croient bien faire ! » Moi, j’écoute Sarkozy le soir du 31. Un point c’est tout ! Juste pour le boulot. »

Bonne année…

P.L

25 novembre 2010

République et Territoires

Chronique politique (semaine 3) sur A2P Radio

 

« Cette semaine, vous vouliez revenir sur l’actualité de l’ancien Premier-ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui crée son propre mouvement au sein de l’UMP au Sénat…

 

 République et Territoires…Deux termes, deux notions apposées l’une à l’autre. Qui se rapportent presque à une thèse d’histoire ou à un sujet de philo au bac…  Comme si le sénateur Raffarin avait retrouvé au fond d’un tiroir la copie de l’étudiant Raffarin?

 

 Le titre du mouvement, en tout cas, met en lumière son appartenance au sénat, la chambre des représentants des collectivités locales, des maires de France…

 

 Le sénateur était déjà à la tête d’un club de réflexion « dialogue et initiative » avec  certains membres du gouvernement et d’autres caciques de la majorité….

 

 Oui c’est vrai…dialoguer, l’ancien premier ministre ne s’en prive pas depuis l’élection de Nicolas Sarkozy….

 

 Chaque semaine, il retrouve une trentaine de proches sénateurs…Pour discuter, critiquer… Un groupe qui a rencontré le président de la République mardi matin…Afin de lui faire part de son soutien…

 

 Mais sans cacher ses opinions, parfois divergentes…

 

 Vous n’aurez pas ma liberté de penser », aurait-il pu répliquer au chef de l’Etat…

 

 La taxe professionnelle réformée? Il tacle la mesure…

 

 La surenchère sécuritaire de l’été dernier? Il ne cautionne pas…

 

 Le maintien de François Fillon à Matignon? Il évoque sa préférence pour Jean-Louis Borloo..

 

 Une liberté de ton, c’est presque une habitude dans le cercle privé des anciens Premiers ministres de droite…

 

 Alain Juppé (avant son entrée au gouvernement en tant que ministre d’Etat de la Défense), Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin, la liste est longue…

 

 Chacun sa musique, chacun ses origines politiques…

Charles de Gaulle, Jacques Chirac pour Alain Juppé et Dominique de Villepin. VGE pour Jean-Pierre Raffarin, un ex-giscardien et ancien membre de l’UDF… Ce dernier représente la tendance libérale-centriste de l’UMP, mouvement qu’il a rejoint à ses débuts en 2002…

 

 Une mouvance déçue, humiliée selon certains, après le remaniement d’il y a 10 jours…

 

 Les centristes  du gouvernement précédent ont été remerciés…de Jean-Louis Borloo (qui vient de quitter  la vice-présidence de l’UMP) à Hervé Morin, de Marc-Philippe Daubresse à Valérie Létard…

 

 Et ils voient tous d’un mauvais œil le retour d’anciens RPR, tel Alain Juppé, François Baroin, MAM ou des sarkozystes pur jus, comme Frédéric Lefebvre…

Philippe Lesaffre

 

1...34567...13

LIVRY SUR SEINE |
Le blog des idées non-reçue... |
MoDem de l'Ariège |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Bernard Ramond - Pour que v...
| la republique c'est l'arrac...
| UNI ...