le Canard de l’Etang

26 mars 2012

La banlieue, éternelle perdante de la campagne électorale

Lu initialement sur L’Express.fr

Dans les banlieues, certains craignent que l’affaire Mohamed Merah n’aboutisse à une stigmatisation des quartiers populaires. Et rêvent toujours que les candidats s’emparent de ce sujet. François Hollande devrait s’y montrer un peu plus. 

Ce lundi soir, François Hollande tiendra une réunion politique en Seine-Saint-Denis, à Bondy. Un petit meeting qui a lieu, peu de temps après une visite à Evry, chez Manuel Valls. Et avant un Grenelle des quartiers populaires, initialement prévu en mars, mais finalement organisé le 7 avril.  

Nicolas Sarkozy, lui, s’est déplacé, il y a quinze jours, de l’autre côté du périphérique, à Meaux, chez Jean-François Copé. Comme François Bayrou, dans les Hauts-de-Seine, le 22 février.  

Un déplacement par-ci, un déplacement par-là, pendant la campagne électorale. Et c’est tout?  

Conscient de la faible place laissée aux banlieues dans cette campagne, l’association AC-Le feu a squatté, trois jours fin février, un hôtel parisien pour interpeller les candidats à la présidentielle.  

Philippe Poutou, Clémentine Autain pour Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Eva Joly sont venus entendre les doléances de cette association, née après les émeutes de 2005.  

Banlieues stigmatisées

« Mais, ni François Bayrou, ni Nicolas Sarkozy ont honoré l’invitation », regrette Fatima Hani, secrétaire national de AC-Le feu. Peut-être viendront-ils le 14 avril prochain. Ce jour-là, l’association organise un débat national. « Si les dix candidats à l’Elysée ne viennent pas, on saura pourquoi », sourit Fatima Hani, pessimiste.  

Entre temps, un événement a chamboulé la campagne. La mort de Mohamed Merah, après ses assassinats perpétrés à Toulouse et Montauban, a projeté sous les feux médiatiques le thème de la sécurité.  

Quant aux banlieues, elles risquent d’être encore plus stigmatisées. « Cela peut véhiculer des amalgames, des stéréotypes comme le jeune de banlieue qui serait un prédélinquant », craint Jérôme Perronnet, directeur général des services auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes. De la banlieue, on en parle que quand c’est spectaculaire: des voitures qui brûlent, par exemple. Le développement d’une maison de la petite enfance, ça n’intéresse pas. »  

« On parle de nos quartiers populaires, reconnaît Fatima Hani. Mais on ne l’évoque que sous l’aspect sécuritaire et répressif. C’est devenu un sujet réchauffé à chaque présidentielle, que l’on utilise à des fins électoralistes. » Et la responsable de AC-Le Feu d’évoquer, en particulier, un « amalgame entre immigration et problème économique ». 

Les candidats ne connaissent pas les banlieues

Proche de Ségolène Royal, Kamel Chibli, ancien responsable de Désirs d’avenir, reconnaît volontiers, que depuis le début de la campagne, seuls les aspects ‘sécurité’ et ‘logement’ sont évoqués dans le débat public.  

Mais pourquoi? Est-ce parce que les candidats considèrent, chiffres à l’appui, qu’ils ne glaneront que peu de voix en banlieue en raison de la forte abstention dans ces quartiers? « A ce moment-là, cela ne sert à rien d’aller dans une crèche par exemple, s’agace Jérôme Perronnet, qui travaille au auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes.  

Les candidats n’y connaissent « pas grand-chose à la banlieue », croit-on à la mairie de Chanteloup-les-Vignes (UMP), une commune qui a bénéficié d’une partie des aides versées par l’Etat ces dernières années pour rénover les quartiers 

Et c’est justement pour « sensibiliser François Hollande » que le PS a organisé, début avril, le fameux Grenelle des banlieues, baptisé « printemps des quartiers populaires ». Il y aura aussi une visite en région parisienne pour le candidat du PS: « Sûrement à Mantes-la Jolie, voire à Aubervilliers », confie Kamel Chibli, qui espère y associer Ségolène Royal

Après les tueries de Toulouse et Montauban, et parce qu’il sait que la droite occupe avec force le terrain de la sécurité, François Hollande semble vouloir passer la seconde au sujet des banlieues. Face à Nicolas Sarkozy, dont le mot « Kärcher » est toujours collé à ses basques, François Hollande veut essayer de faire entendre sa musique.

PL

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d’une trêve de la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d’un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants? 

Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: « Ce n’était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d’une réunion de réflexion nationale. »  

Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu’il y a un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française (…). Et ceci n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. »  

D’où la réplique d’Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ». François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: « Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire », souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu’il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal. 

Le ministre des Affaires étrangères « va trop loin, il n’a pas compris le message », réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, « Bayrou a dit ce qu’il a toujours dit sur les tensions au sein de la société ». 

« Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse » (Mélenchon)

François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s’est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a « intégré l’information dans sa campagne »: « Son agenda risque d’être modifié dans les prochains jours », croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.  

Cette vraie-fausse campagne n’est pas du goût du Front de gauche: « Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c’est plutôt un affichage de trêve », avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: « En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre. » 

Même ton chez le candidat du Front de gauche: « Poursuivre la campagne, c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective », a lancé Mélenchon, dont l’agenda n’a pas été modifié. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. 

« J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas » (Arthaud)

Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L’Express, abonde en ce sens: « Ce serait donner raison à l’assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (…) La pudeur doit être de mise. Mais elle n’interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n’est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment. » 

Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: « Je n’ai absolument pas envie d’aller dans ce sens-là de l’union nationale, d’un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis », a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de « barbares et horribles » les événements de Toulouse. « J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas », a-t-elle ajouté. 

Luca s’en prend à Hollande

De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s’est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes. 

Un peu plus tôt, il était aussi l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée « indécente » pour le député UMP Lionnel Luca.  

Dans un communiqué intitulé « Trêve de plaisanterie », l’élu des Alpes-maritimes écrit: « Devant l’épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l’exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin! »
« Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée? », demande Lionnel Luca. 

PL (avec d’autres journalistes)

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

14 mars 2012

Bayrou mise désormais sur la solidarité, mais ne change pas de campagne

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre, politique francaise, Societe

Lu initialement sur L’Express.fr

François Bayrou a (re)présenté, ce mercredi, au cours d’une conférence de presse, son programme. Il crée la surprise en changeant de slogan, à moins de deux mois du premier tour. Mais ce sera la seule d’ici la fin de sa campagne pour celui qui veut rendre la France plus solidaire. 

A moins de deux mois du premier tour, François Bayrou change de slogan. Après « la France unie, rien ne lui résiste », voici « la France solidaire ». Doit-on s’attendre à d’autres surprises dans la campagne de François Bayrou, qui se stabilise autour de 11 à 14% dans les sondages? Pas vraiment, explique ce mercredi le candidat du Modem, lors d’une conférence de presse.  

« Les deux slogans sont liés. Chacun vit sur son îlot, seul, sans se préoccuper de son prochain. Il faut rapprocher les gens pour qu’ils puissent faire face à leurs difficultés économiques. » Les unir, en somme, dans un « contrat de vie partagé », dixit le centriste du Mouvement démocrate. 

« Traiter les sujets qui intéressent »

Cela ne change rien, en tout cas, au programme du troisième homme de 2007. Et donc à sa campagne. François Bayrou, qui sort un nouvel ouvrage, La France solidaire, ce jeudi, « n’aime pas faire des coups de communication, pour créer le buzz », précise son soutien Bernard Lehideux. « Il pourra toutefois avoir des nouvelles idées sur certains sujets en fonction du débat public », pense le membre de son équipe de campagne.  

D’abord, Bayrou pourra « réagir aux provocations des uns et des autres », imagine Jean-Luc Bennhamias. Mais aussi « aux promesses imbéciles » des autres candidats, comme la taxe pour les super-riches de François Hollande, « qu’il ne mettra jamais en oeuvre », avance l’ex-écologiste.  

Aussi ne faut-il pas attendre, de la part de François Bayrou, à « des promesses irréalisables », à l’instar dela réforme de Schengen ou du lien entre nationalité et fiscalité.  

L’important pour le candidat, c’est de « traiter des sujets qui intéressent les Français » comme l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation, répète François Bayrou. Comme à l’accoutumée depuis la déclaration de sa candidature

Lui se pose la question: « Comment allons-nous nous en sortir? » Réplique du tac au tac: « Par la solidarité entre concitoyens. » Entre les jeunes et les plus âgés, en particulier.  

« Stratégie de rassemblement »

L’élu des Pyrénées-Atlantiques propose ainsi de « ne plus couper les minimas sociaux si un parent âgé retourne vivre chez ses enfants », explique Bernard Lehideux. Cela revient en gros à inciter à « la colocation, au vivre ensemble », précise François Bayrou, ardent partisan des associations et des corps intermédiaires.  

Celui qui estime être le seul à défendre un « projet de société » veut aussi que les enfants fassent leur devoir à l’école, avant de rentrer chez eux. Avec de nouveaux profs? Bien au contraire, « puisqu’il faut maintenir le nombre de postes actuel ». Non plutôt avec des retraités à qui l’on pourrait demander de venir à l’école, histoire de « donner un coup de main aux plus jeunes », selon Bernard Lehideux. 

La solidarité touche aussi le monde économique puisque François Bayrou voudrait créer, par exemple, des emplois sans charges pour les entreprises de moins de 50 employés pourvu qu’elles embauchent un chômeur. 

Avec ces mesures répétées depuis plusieurs semaines, il ne lui reste que 39 jours pour convaincre les indécis. Et progresser de nouveau dans les sondages.  

PL

1 mars 2012

Le salon de l’Agriculture, un terrain miné pour Eva Joly

Publié par canarddeletang dans Economie, Elections, les Ecologistes, politique francaise, Societe

Lu initialement sur L’Express.fr

Eva Joly s’est, à son tour, rendue au Salon de l’Agriculture, ce jeudi, pendant trois heures. Elle a rencontré le président de la FNSEA, malgré les mauvaises relations entre le syndicat et les écologistes. L’Express y était. 

Quand Eva Joly s’était rendue au Salon de l’agriculture, en 2011, on la prenait pour la femme de José Bové. Elle marchait à côté de lui et n’était pas encore candidate à la présidentielle.  

Ce jeudi-après-midi, à la Porte de Versailles, ils se baladent encore côte à côte, entre les stands de bovins et de légumes. Mais les gens ne font plus l’erreur. Eva Joly a gagné en notoriété. Les visiteurs du Salon la reconnaissent à ses lunettes rouges.  

Souriante, elle prend le temps d’échanger avec quelques producteurs, de boire un peu d’eau, et même un verre de vin blanc. On lui présente des produits locaux, lui offre quelques mets. 

Il n’empêche: on entend plus de « José, José » quand il passe devant les badauds. Lui tenait « pendant des années » le stand de la Confédération paysanne, le seul syndicat agricole de gauche, minoritaire parmi des agriculteurs majoritairement de droite et franchement opposés aux écologistes. 

« Un gros malentendu »

Même ceux, dont on pourrait croire qu’ils sont bien disposés à l’égard de l’ancienne magistrate. Comme ce paysan, qui « produit du bio en Provence » et qui lui lance un « bouh ». « Elle est contre tout le monde, elle défend les 32 heures mais moi, à 66 ans, je travaille 70 heures. » Ce à quoi réplique le patron des Jeunes écologistes, Wandrille Jumeaux, présent à l’occasion: « Eva Joly ne propose pas les 32 heures pour tout le monde, les agriculteurs travaillent forcément plus car ils n’ont pas toujours l’argent pour créer de l’emploi et déléguer des tâches. »  

Julien Bayou, qui accompagne la candidate d’EELV, évoque, lui au début de la visite, « un gros malentendu » avec les agriculteurs.  

Les relations restent tendues avec la FNSEA, syndicat classé à droite. « C’est un lobby de dingue », sourit Julien Bayou à son arrivée dans le hall principal du Salon. « Nous ne sommes pas d’accord sur leur modèle productiviste, mais Eva Joly y va pour dialoguer. » Et leur dire quoi ? « Qu’ils se trompent sur les pesticides, les OGM, mauvais pour la santé. » Michel Dupont, collaborateur de José Bové, qui dirige Eva Joly entre les stands, l’affirme haut et fort: « Les solutions des écolos sont celles de l’avenir. » 

« Nous ne sommes pas entendus »

La FNSEA ne le pense pas. Son président Xavier Beulin a toutefois rencontré Joly pendant vingt minutes. Et de manière courtoise. « Le modèle intensif et productiviste a montré ses limites », lui a expliqué la candidate, qui plaide pour une réforme de la PAC, afin qu’elle soit plus juste. Un peu comme François Hollande, qui veut redistribuer les aides. La candidate EELV souhaite aussi la mise en place d’un « circuit court entre producteurs et consommateurs » pour ne pas que le prix grimpent à cause d’intermédiaires.  

Le collaborateur de José Bové, Michel Dupont, parle « du produire local ». Qu’en est-il de l’agriculture biologique ? N’est-ce-pas plus cher ? « Sûrement, mais c’est surtout plus rémunérateur en terme d’emplois », avance Julien Bayou. 

Près du stand, une personne confie qu’elle ne l’aime pas et se demande pourquoi elle est là. Julien Bayou, qui justifie sa présence, se fait traiter de « merdeux ».  

Le sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec, venu avec Jean-Vincent Placé, pour montrer que « la candidate n’est pas seule », l’admet volontiers: « Nous ne sommes pas entendus par la majorité des paysans. » Pas facile de réconcilier écologistes et agriculteurs.

PL

23 février 2012

« Marine Le Pen stigmatise les musulmans »

Publié par canarddeletang dans culture, partis de droite, politique francaise, Societe

Interview initialement publiée sur L’Express.fr

Marine Le Pen a-t-elle déclenché la polémique sur la viande halal à des fins politiques? Selon le politologue Dominique Reynié, le FN cherche avant tout à se radicaliser. 

Marine Le Pen a affirmé, ce samedi, que toute la viande distribuée en Ile-de-France serait, à l’insu des consommateurs, « exclusivement » de la viande halal. Ce mardi matin, elle a confirmé ses propos sur France Inter. Le politologue Dominique Reynié, président du think-tank Fondapol, proche de l’UMP et auteur de l’ouvrage Populisme, la pente fatale (Plon, 2011), réagit à cette polémique.
Pourquoi Marine Le Pen s’attaque à la viande halal?

C’est tactique, elle cherche à cliver: Marine Le Pen veut retrouver un certain radicalisme. Ses propos sont moins saillants, moins contrastés que lorsque son père s’exprimait quand il était patron du FN. Elle a modéré son propos depuis le début de sa présidence. Or, la société s’est durcie. Celle-ci a modifié son point de vue sur l’immigration, son rapport avec les juges, le rapport hommes-femmes.  

Je prends un exemple qui me semble parlant: François Berléand avait dit qu’Eva Joly ne devrait pas être candidate à la présidentielle car elle avait un accent et qu’elle n’était pas vraiment française. Personne n’avait repris ses propos, passés comme une lettre à la poste. Il y a dix ans, ils auraient été vivement fustigés.  

Avant, on ne parlait pas assez des problèmes interculturels, de l’immigration. Ces sujets n’étaient abordés que par les partis de protestations, ils en avaient le monopole. Or, petit à petit, les partis de gouvernement ont commencé à aborder ces thèmes. Et ils ont eu raison: il faut aborder, discuter, et régler les problèmes de manière sereine.  

Il s’agit d’évoquer les règles de la diversité dans nos sociétés multiculturelles. On peut discuter de l’alimentation dans les cantines, du ramadan d’une personne en plein procès (est-il plus faible à cette période et faut-il en prendre considération?). Mais pas comme le FN le fait. Ce parti aborde ces questions dans des termes non constructifs, de manière outrancière. Marine Le Pen joue sur les peurs.  

Il y a donc une volonté affichée de stigmatiser les musulmans?

Bien sûr. Elle manipule les données en cherchant à stigmatiser les musulmans. Peu importe l’exactitude de ses propos. Ce n’est pas grave. Jouer sur la métaphore de l’invasion, de l’acculturation, de l’occupation suffit. Les partis d’extrême droite ont toujours été perçus comme étant collaborateurs, mais là, le FN se prend pour un résistant.  

Sur la viande halal, cela renvoie à l’idée que des cultures exogènes sont importées avant d’être déployées dans la société d’accueil. Si on écoute Marine Le Pen, on pourrait penser que cette culture externe parvient à se développer et menacer la culture d’accueil. La viande halal touche aussi au repas, à la famille, donc cela peut toucher tout le monde.  

Pourtant, Marine Le Pen a entrepris depuis des mois une stratégie de dédiabolisation du FN. Cela est contradictoire de sa part?

Non, je ne crois pas. Elle n’a pas dit, comme un parti d’extrême droite aurait pu dire autrefois, que le musulman est inférieur. Elle dit: nous sommes accueillants, ils sont envahissants. Elle se présente comme un défenseur de la culture française. Toutefois, sa stratégie est limite car la frontière avec l’islamophobie n’est pas loin. Avec ce débat, elle se situe sur le fil du rasoir.  

Cela dit, tout le monde lui tombe dessus mais c’est à son avantage. Autant, son voyage à Vienne, où elle a côtoyé des racistes, était une erreur politique en contradiction avec sa stratégie de dédiabolisation. Autant avec ce débat, elle parvient à ses fins. 

PL

13 février 2012

Le nucléaire monte en pression dans la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Depuis la visite de Nicolas Sarkozy à Fessenheim, l’avenir de la filière nucléaire redevient un enjeu de l’élection présidentielle. Les annonces d’Eric Besson sur la prolongation des centrales renforcent ce sentiment de politisation. 

En un week-end, le débat sur le nucléaire est revenu sur le devant de la scène. Eric Besson a plaidé, ce samedi, pour une prolongation de la durée de vie des centrales à plus de 40 ans. C’est l’une des propositions d’un rapport sur l’avenir du paysage énergétique d’ici à 2050 qui lui a été remis ce lundi. 

Cette annonce gouvernementale intervient au lendemain de la visite du chef de l’Etat à Fessenheim. Un déplacement qui a permis à Nicolas Sarkozy de réitérer la promesse de ne pas fermer, en cas de réélection, la centrale alsacienne, la plus vieille de France. 

« Ce n’est pas une surprise, relativise Sergio Coronado, le directeur de la communication d’Eva Joly. Le président de la République défend à l’aise, et comme prévu, l’industrie nucléaire, vendue comme pas chère et sûre. » 

Se différencier du Parti socialiste

Mais pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il choisi de relancer ce débat à ce moment précis? S’agirait-il pour le chef de l’Etat, pas encore candidat, de se différencier de François Hollande. Favorable à la fermeture de Fessenheim, le candidat socialiste avait paru embarrassé en novembre par plusieurs désaccords avec les alliés écologistes. 

Revenant ce samedi à la charge, Eric Besson a déclaré que le programme du candidat PS, partisan, selon lui, de « la sortie du nucléaire », allait provoquer une hausse des prix de l’électricité. Ce qu’a démenti, aussitôt, François Brottes, chargé des questions énergétiques auprès du candidat socialiste. 

La contexte de la visite présidentielle, en tout cas, surprend le PS, pas loin d’y voir une provocation. « Venir en Alsace juste après un pic de consommation de l’énergie, c’est indécent, soupire François Brottes. On a dû importer de l’énergie de l’Allemagne, car la filière du nucléaire ne fonctionne pas en en cas de record de consommation. »  

Cette visite intervient aussi quelques jours après la publication du rapport de la Cour des comptes sur les centrales nucléaires. Qui a donc précédé celui d’Eric Besson. Mais c’est « un pur hasard, selon un membre du cabinet du ministre de l’Energie, car le rapport a été commandé en octobre 2011″. 

Les esprits chagrins ne manqueront pourtant pas d’y voir une manière de critiquer la baisse de la part du nucléaire de 75% à 50% en 2030 dans la consommation d’électricité, mesure prônée par le candidat PS. « Pas du tout, répond l’entourage du ministre, il fallait mettre sur la table des éléments d’expertise dans le cadre d’un débat au Parlement, prévu pour 2013. » 

Le nucléaire, quatrième crainte des Français

L’accident de Fukushima, survenu il y a un an, reste évidemment dans toutes les têtes. « On fêtera le 11 mars le premier anniversaire de l’explosion », relève Sergio Coronado. 

Le débat sur l’énergie est-il pour autant devenu une priorité des Français? « La transition énergétique concerne les Français et les intéresse », avance le socialiste François Brottes, qui veut ouvrir un débat en cas d’élection en mai 2012, sur l’avenir du mix énergétique, sur les consommations d’énergie à réaliser

Le baromètre 2012 de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire lui donne raison. Le nucléaire est devenu, en 2011, la quatrième crainte des Français derrière le chômage et la misère. L’année passée, il était classé en 9e position.  

PL

31 janvier 2012

Morin, Mélenchon, Villepin pour un référendum sur le nucéaire

Publié initialement sur L’Express.fr

Trois candidats, le gaulliste Villepin, le centriste Morin et l’ex-socialiste Mélenchon, défendent l’organisation d’un débat sur l’énergie de demain et la tenue d’un référendum sur le nucléaire. 

Sept candidats à la présidentielle se sont prêtés, samedi dernier, au jeu de l’association France Nature Environnement… Parmi eux, trois prétendants à l’Elysée, Dominique de Villepin, Hervé Morin, et Jean-Luc Mélenchon, proposent, en choeur, une consultation populaire sur l’épineuse question de l’énergie (comme Daniel Cohn-Bendit, dans le JDD). 

Il ne s’agirait pas simplement de poser une question sur le style: « Voulez-vous sortir du nucléaire ? » Trop bateau… Et puis, « ce serait démagogique, défend un membre de l’entourage de Dominique de Villepin, car tout le monde est conscient des risques de l’atome. » 

Non, mieux vaut débattre d’un sujet plus large. Dominique de Villepin souhaite un « Grenelle de l’énergie portant sur le mix énergétique ». Il s’agirait de réunir autour de la table associations et citoyens pour « définir la voie à suivre dans les prochaines décennies, sans oublier d’évoquer les ressources fossiles comme le gaz de schiste », dit-on dans l’entourage de l’ex-Premier ministre. 

Des tables rondes et des débats à la télé?

Philippe Vigier, secrétaire général du Nouveau centre, évoque, pour L’Express, « un débat sur le bouquet énergétique de demain, dont les énergies renouvelables ». 

Et du côté du Front de gauche, on veut discuter de « la sortie programmée du nucléaire, mais aussi de l’avenir des énergies carbonées, qui contiennent du gaz à effet de serre, et de l’économie d’énergie nécessaire, dans le logement par exemple. »  

Eric Coquerel, proche de Jean-Luc Mélenchon, imagine des tables rondes, des meetings, des face-à-face à la télévision. Il veut suivre « le modèle de la campagne pour le non au Traité européen en 2005″.  

Mais comment solliciter l’avis des Français sur un sujet aussi complexe? Le PS ne veut pas d’un référendum de ce genre, a déjà expliqué l’équipe de François Hollande, puisque ce serait poser une question trop compliquée.  

Pourtant, « les Français ont déjà répondu à des questions complexes comme sur le sort de l’Algérie et sur les institutions de la Ve République », réplique-t-on dans l’entourage de DDV. « Les Français sont adultes », renchérit Philippe Vigier du Nouveau centre. 

Les Français, friands du nucléaire?

Dernière question, à quoi sert un référendum si le candidat défend déjà une position? Ainsi, Dominique de Villepin prône une baisse de la part du nucléaire à 50% de la production de l’éléctricité d’ici à 2035. « Mais il convient de trouver un chemin qui fait consensus en France. D’où le débat », explique-t-on à République solidaire. 

« A titre personnel, Jean-Luc Mélenchon défend aussi la sortie progressive du nucléaire. Mais il veut interroger ses concitoyens car ce débat traverse toute la société », glisse Eric Coquerel. Y compris au sein du Front de gauche, admet-il volontiers. « La preuve: quand le Parti de gauche y est favorable, le PCF, pas du tout ». Et d’ailleurs, lui-même a changé récemment d’opinion. Avant Fukushima, il défendait encore le nucléaire.  

Un peu comme Hervé Morin qui soutient, encore aujourd’hui, cette énergie, garant, selon Philippe Vigier, « de l’indépendance de la France ». « Les Français, croit-il savoir, restent favorables à ce type d’énergie à condition qu’il soit plus sécurisé. » C’est ce que l’on verra peut-être si un débat public a effectivement lieu. 

23 décembre 2011

Nantes, bientôt officiellement bretonne ?

Des députés ont voté un amendement, ce mercredi, qui faciliterait le rattachement du département de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Les nostalgiques de la Bretagne originelle, certes prudents, se montrent ravis. 

 

Lu initialement sur lexpress.fr

Et si le département de Loire-Atlantique rejoignait la région bretonne ? Depuis une semaine, on reparle d’un éventuel redécoupage territorial dans les couloirs de l’Assemblée nationale.  

Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, et son collègue écologiste, François de Rugy, élu de Loire-Atlantique, ont proposé, ce mercredi, un amendement facilitant le rattachement du département de Nantes, capitale de la Bretagne médiévale, à la Bretagne administrative. 

Seize parlementaires se sont prononcés en faveur du texte, neuf contre. « Ce vote a été trans-partisan, se félicite l’élu EELV, mes collègues du NC et du PS ont dit  » oui « , tandis que ceux de l’UMP ont été plus partagés. » Mais seulement 25 députés ont pris part au vote. « Comme pour 95% des textes soumis au sein de l’hémicycle », précise Marc Le Fur. 

Un amendement non « démocratique »?

Si la Loire-Atlantique demandait, à l’heure actuelle, son déplacement vers la Bretagne, tous les départements de la région d’origine, en l’occurrence les Pays de la Loire, devraient se prononcer pour le  » départ  » de l’un des leurs. Et c’est ça qui énervent les deux députés.  

Si le Sénat ne retoque pas leur amendement, seuls les habitants de la Loire-Atlantique se prononceraient pour un retour au sein de la région bretonne. Les Pays de la Loire ne bénéficieraient ainsi plus de leur droit de véto, se félicitent les deux députés.  

Mais ils pourraient perdre un morceau de leur territoire. « Ce ne serait donc pas respectueux pour leurs habitants », fustige le député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault. Le président de la région des Pays de la Loire, Jacques Auxiette (PS) parle même d’un choix  » anti-démocratique« .  

Une critique que comprend Marc Le Fur, mais qu’il démonte aussitôt: « Quand vous déménagez d’un immeuble, vous n’avez pas à demander l’avis des autres propriétaires. » Non, il convient simplement de frapper à la porte de la destination choisie. En l’occurrence, la Bretagne, dont chaque département serait donc invité à dire « oui » ou « non » à la Loire-Atlantique. « La carte de France peut évoluer », se justifie le parlementaire breton de l’UMP, citant l’exemple de l’Alsace qui se prépare à une fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. 

Une Bretagne jusqu’au Mans?

Cette décision de la Chambre basse n’est toutefois qu’une étape, admettent les deux députés. « Pour paraphraser un sénateur de droite, la route est encore longue et la pente est rude », sourit François de Rugy.  

« Ce ne sera pas facile, nous avons juste percé un obstacle, reconnaît, de son côté, l’élu de la majorité, il faudra convaincre. » Car rien n’est certain. Avant un référendum, encore faut-il qu’une pétition populaire recueille assez de signatures. « On oblige personne à prendre une décision, c’est le choix des personnes », rassure l’élu EELV. Les deux députés se montrent pourtant confiants: « Les habitants de Loire Atlantique et de Bretagne semblent favorables à une réunification », veut croire Marc Le Fur.  

Si le département de Nantes glissait vers la Bretagne, l’autre région, celle des Pays de la Loire, devrait alors « prendre une décision », pense François de Rugy. Le statu quo ne serait pas à l’ordre du jour et le député EELV envisage un rattachement. Soit à une région plus au centre, soit, peut-être -soyons fous-, à la Bretagne. La région s’élargirait alors jusqu’au Mans.  

Cela va faire parler dans les penty!

P.L

14 décembre 2011

Le FN cajole l’électorat juif

Le vice-président du FN Louis Aliot est rentré d’un voyage en Israël, mardi soir. Ce voyage illustre la volonté de son parti de toucher l’électorat juif. Et ce depuis plusieurs années. 

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Le Front national tente le tout pour le tout. Une véritable opération séduction, entamée en 2004, est à l’oeuvre pour draguer l’électorat juif de France, qui boude depuis toujours le vote Le Pen. Le voyage en Israël de Louis Aliot, entre dimanche et mardi soir, en est une nouvelle illustration.

A peine élue députée européenne, en 2004, Marine Le Pen s’inscrit au voyage d’une délégation de parlementaires en Israël, prévue deux ans plus tard, afin d’y rencontrer, entre autres, le chef du gouvernement Ehud Olmert et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Le voyage sera finalement annulé, les autorités israéliennes refusant de rencontrer un réprésentant frontiste. Conséquence des propos de Jean-Marie Le Pen sur le « détail » des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale.

Pour Marine Le Pen, la tentative de rapprochement avec la communauté juive fait presque figure d’obsession. Depuis près de dix ans, elle cherche à rencontrer quelques-uns de ses membres. Comme le raconte Romain Rosso, journaliste à L’Express, dans son livre La Face cachée de Marine Le Pen (Flammarion), elle décroche un rendez-vous avec le président de l’association France-Israël, l’avocat Gilles-William Goldnadel, en 2004, parfois perçu comme trop à droite, par le Conseil représentatif des institutions juives de France.

Le Crif refuse de recevoir Marine Le Pen. En janvier 2006, son président d’alors, Roger Cukierman, lui tourne carrément le dos.

La victoire symbolique de Washington

Il faut attendre son élection à la tête du FN, en janvier 2011, pour que Marine Le Pen reprenne son opération séduction. Elle accorde au quotidien israélien de centre-gauche Haaretz un entretien et insiste sur l’aspect « pro-sioniste » de sa formation politique. Et explique au Point, en février dernier, que les camps de concentration étaient un « summum de la barbarie ».

Marine Le Pen insiste. Elle veut s’adresser aux juifs de France et s’invite à Radio J en mars 2011. Mais au dernier moment, la radio annule sa venue. « Cette invitation prenait des proportions trop importantes », explique alors Frédéric Haziza, le chef du service politique de la radio de la communauté juive.

Echec et mat? Marine Le Pen ne s’avoue pas vaincue. L’épisode suivant a lieu deux mois plus tard, à l’occasion d’un entretien accordé à Israël Magazine, au cours duquel elle assure que les « juifs n’on rien à craindre du Front national ». Puis en novembre, lors d’un voyage aux Etats-Unis. A Washington, elle finit par croiser l’ambassadeur israélien à l’ONU, Ron Prosor, et échange avec lui sur la situation de l’Europe.

Mais la controverse enfle immédiatement. Le diplomate savait-il réellement qui il rencontrait? Le FN assure que oui. L’Etat hébreu jure le contraire.

Aliot a vu « en privé » des parlementaires israéliens

Prochaine étape pour la présidente frontiste: se rendre en Israël, ce qu’elle envisage depuis de longues années, et prendre langue avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu. C’est loin d’être gagné… Pour preuve, les difficultés qu’a dû surmonter Louis Alliot.

Le mystère plane autour des rendez-vous du numéro 2 du FN, durant son voyage de trois jours. Il se serait entretenu, « en privé », affirme-t-il sur les ondes de France Inter, avec des « élus locaux » de presque toutes les tendances politiques. Mais il ne veut pas donner de noms. A peine affirme-t-il avoir été « bien » accueilli, alors qu’il ne s’est pas excusé pour les propos de Jean-Marie Le Pen, toujours président d’honneur de son parti.

Il aurait aussi discuté avec des « Français qui vivent en Israël », notamment des « retraités ». D’après Louis Aliot, certains membres de la communauté juive de France et des Franco-Israéliens pourraient voter pour le Front national en 2012.

Cacophonie autour de la position du FN sur la Palestine

Louis Aliot a alterné un discours ferme, puis ouvert, à l’égard de la Palestine. Pour lui, les Palestiniens qui ne reconnaissent pas l’Etat hébreu sont des « terroristes », à qui il ne faut pas « parler ». Dans le même temps, le même Aliot affirme être favorable à la création d’un Etat palestinien.

A ses côtés, Michel Thooris, candidat frontiste aux législatives pour les Français de l’étranger dans la circonscription englobant Israël, a qualifié les colonies juives « d’implantations légitimes ». Une perche tendue aux ultras du gouvernement israélien emmenés par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Thooris a précisé, au micro de l’AFP, que « les juifs sont chez eux en Judée et Samarie », utilisant le terme des Israéliens pour désigner la Cisjordanie occupée. « Cette position n’engage ni Marine (Le Pen), ni le Front (national) », a dû corriger derechef Louis Aliot.

Quant à la future visite en Israël de Marine Le Pen elle-même, Louis Aliot affirme que ce ne sera guère possible avant mai 2012: « Elle a un emploi du temps chargé. » Les responsables israéliens aussi.

P.L

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