le Canard de l’Etang

1 avril 2011

On refait le match

« Ce serait un beau match. » Eric Besson évoque ainsi l’éventuelle confrontation entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn en 2012.

Scrutin présidentiel, rencontre sportive, même combat ? Entre la politique et le football, la frontière semble poreuse…  Joueurs et politiques pratiquent, en fait, la même activité sur le terrain. Certains temporisent, la balle au pied. D’autres foncent, droit au but, tête baissée… Et forcément, le succès n’est pas toujours au rendez-vous. Personne n’est à l’abri d’une défaite.

Soit l’équipe se fait tacler et prend une branlée. Soit elle assure la victoire et marque des points. Tout dépend de l’équipe et de ses individualités. Les joueurs, unis et solidaires, peuvent gagner. Or, s’ils la joue perso et non « collectif », préférant le drible à la passe, ils prennent un risque.

Quand l’arbitre siffle la fin de partie, les caméras sont braqués sur le résultat. Dans le vestiaire, plus tard, les uns se congratulent, se tapent dans la main. Les autres en prennent pour leur grade…

Après la rencontre, les joueurs refont le match. Mais, revers de la médaille, les langues se délient, des signes d’inimitié apparaissent au grand jour entre membres d’une équipe divisée… Ils ne peuvent pas tous s’encadrer, se voir, s’entendre. Et ils n’ont plus honte de le dire suite à la déroute.

Face à la cacophonie, le grand manitou se doit d’intervenir. Distribuer les cartons jaunes. Le prochain match arrive à grand pas. Et l’équipe doit se ressaisir, se rabibocher. Comment procéder? Un rendez-vous dans le bureau du chef pour clore l’incident. Une sanction verbale pour les fauteurs de trouble… Puis, à la sortie, pratiquer une gymnastique linguistique commune pour minimiser les bisbilles. Marquer la fin des embrouilles. Ou, du moins, pour faire semblant qu’elles n’existent plus. Car personne n’est dupe, c’est entendu.

Toute allusion à l’actualité politique serait fortuite…

P.L

3 mars 2011

La cour des comptes dénonce le musée «fantôme» des sports

Article publié sur Marianne 2

Mais quel est donc ce musée national du sport? La Cour des comptes fustige dans son dernier rapport public annuel l’établissement labellisé musée de France : pas de local, pas d’installation permanente, aucune priorité. En un mot, un musée virtuel si peu visité…



Musée national du sport - capture d'écran - Dailymotion - sport 365

Musée national du sport – capture d’écran – Dailymotion – sport 365


Le musée du sport national, vous connaissez ? Avec 600 000 objets et documents, il possède l’une des plus importantes collections au monde portant sur l’histoire des sports. Toujours pas ? Pourtant, né en 1963 (!), il vise, selon le ministère des Sports auquel il est rattaché, à « faire découvrir l’éthique du sport, à montrer comment il est le reflet de notre société d’un point de vue historique, sociologique et anthropologique ». En un mot, il se veut le « musée de l’identité sportive ». Noble cause, non ?

Mais il reste méconnu du grand public. La Cour des comptes, dans son rapport annuel, rendu public le 17 février, utilise d’ailleurs le terme de « musée imaginaire » pour qualifier l’établissement public administratif et « musée de France » depuis 2004.  Imaginaire… Ou, plutôt, sans véritable local, ni galerie permanente ni installation. Domicilié au Parc des Princes à partir de 1979, il bénéficie à l’intérieur du stade parisien, de deux étages. Mais sa collection n’a été présentée de manière continue qu’entre 1988 et 1997. L’organisation du Mondial en France a eu raison de ce musée si précaire : les salles ont fermé à ce moment-là, faute d’espace.

Une partie des pièces a déménagé en juin 2008 dans le XIIIe arrondissement de Paris, boulevard de France, dans les locaux de la secrétaire d’État au Sport (Chantal Jouanno actuellement). Une « vitrine » – nom du pseudo-musée – qui n’expose que… 350 objets : 1200 m2, trois salles contiguës au premier étage avec une boutique au rez-de-chaussée. La « vitrine »,  aura coûté la bagatelle de 4.4 millions d’euros. L’enveloppe initiale ne prévoyait pourtant que… 3.5 millions. Le chantier avait, de surcroît, pris « des retards en cascade » selon les dires de la Cour des comptes.

A l’intérieur, des objets nécessaires à la pratique sportive, comme le gant de boxe de Marcel Cerdan ; des objets témoignant de l’organisation d’une compétition (affiches par exemple), mais aussi des œuvres artistiques, notamment  la prestigieuse coupe dite « Gravelotte » des premiers jeux d’Athènes en 1896. La « vitrine » se compose d’une galerie permanente, « Le sport s’expose », et d’expositions temporaires.

Or, le succès, en revanche, s’est fait attendre. Entre juin 2008 et septembre 2009, seuls 11 173 visiteurs ont pris la peine de passer l’entrée, une moyenne de… 50 personnes par jour. Et cela malgré un ticket d’accès bon marché : 4 euros au tarif plein et gratuité pour les mineurs. Au total, le musée a gagné, durant cette période, seulement 23 000 euros.

C’est bien connu, la quantité ne fait pas la qualité… sauf quand celle-ci manque aussi à l’appel. La Cour des comptes souligne « le champ muséologique très vaste », et met en lumière « l’absence de définition des priorités ». La preuve ? Le musée a mis en place un conseil scientifique et culturel consultatif en novembre 1991 pour « définir la stratégie d’enrichissement de la collection ». Mais il ne s’est réuni qu’une fois l’an entre 1992 et 1995 et aucune trace d’un quelconque compte rendu ultérieur… jusqu’à la métamorphose du musée en un établissement public en 2006 qui prévoit en principe un conseil d’administration en compagnie d’une instance scientifique (selon la loi sur « les musées de France »), saisie avant toute acquisition d’objets.

La Cour des comptes précise que ce musée « n’est pas parvenu à formuler une stratégie précise en matière d’enrichissement de la collection, sinon en se contentant de souligner la complexité de cette entreprise ». Un projet culturel et scientifique a été redéfini en novembre 2010. Mais il reste encore au ministère de la Culture de soumettre l’approbation. Le musée évolue certes, mais au pas d’escargot…

Le rapport fustige, par ailleurs, le manque d’engagement (« une attention limitée », écrivent les magistrats) du ministère des Sports qui alloue au musée un budget de 0.9 millions d’euros. Pendant longtemps, sa tutelle était « éclatée entre deux services du ministère (…) la direction des sports devait définir les orientations générales du musée » sans avoir à s’occuper de l’administratif et des finances. Cette dichotomie a cessé en 2008… Mais les problèmes ne se sont pas arrêtés pour autant : l’actuel directeur général (nommé conjointement par les ministres du Sport et de la Culture) n’a reçu une lettre de mission qu’onze mois après sa nomination. A cause de grèves à la Poste ?

Mais pas de panique : l’optimisme est de mise, la ministre des Sports, dans un droit de réponse publié par le rapport, évoque, pour le musée, « un nouveau cap dans son développement ». Un protocole d’accord a même été signé en mai 2010 entre le ministère du Sport, le musée et le maire de Nice pour que l’établissement s’installe dans la ville dirigée par Christian Estrosi à l’intérieur du prochain « grand stade » : une mise à disposition d’une surface de plus de 5000 m2. Mais la galerie dans le XIIIe arrondissement ne disparaît pas tout de suite : le ministère des Sports a signé un bail courant jusqu’à fin 2012… 

 

P.L

28 mai 2009

quand le sport espagnol vient en aide à la gauche…

 

Rien de mieux que le sport pour ressouder les politiques. Ou plus exactement, l’allusion aux équipes qui gagnent, aux sportifs de haut niveau qui se trouvent au cœur de l’actualité.

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Le journaliste de Libération, David Revault d’Alonnes rappelle justement que le meeting commun de Ségolène Royal et Martine Aubry, à Rezé (Loire-Atlantique) se déroulait quelques minutes avant le coup d’envoi de la finale de la ligue des champions opposant l’équipe de Barcelone à Manchester (2-0 en faveur des Espagnols, hier soir).

« A l’heure où Barcelone et Manchester s’affrontaient pour la suprématie continentale, Ségolène Royal et Martine Aubry jouaient côte à côte, et sous les mêmes couleurs, hier à l’occasion de la dernière ligne droite de la campagne européenne du PS », écrit l’envoyé spécial, ce matin.

Deux événements, au même moment : une coïncidence. Le reporter ne relève pas ce synchronisme par hasard. Durant  la réunion, Jean-Christophe Cambadélis, directeur de la campagne estime que les socialistes ont « décidé de changer de système de jeu. Maintenant, on joue à plusieurs attaquants: les stars devant, comme au Barça…».

Or, peut-on vraiment comparer ces femmes politiques avec les attaquants Samuel Eto’o, Thierry Henry et Lionel Messi, auteurs cette saison d’un triplé (coupe, championnat, coupe des champions) ? Les deux dirigeantes sont-elles réellement des stars, à l’image des champions du ballon rond ?

Le PS passe sous la barre des 20 % d’intention de vote. Sauf surprise, les Eléphants roses ne devraient pas  battre l’UMP, aux européennes du 7 juin. La formation politique pâtit encore des désillusions du congrès de Reims.

Depuis, les querelles intestines entre les différentes factions font désordre. Et amusent la majorité, en tête dans les sondages.

François Fillon ironise d’ailleurs sur les retrouvailles de Dame Royal et Martine Aubry : « il a fallu des semaines pour savoir si ces deux personnalités allaient tenir une réunion ensemble et si elles allaient se serrer la main ». Sur sa lancée, le chef du gouvernement évoque sans rire un « suspense haletant qui a pris toute la France à la gorge ».

Avant de terminer sur une belle petite pique. « Je ne doute pas qu’un vent de fraternité et d’amitié souffle sur la réunion de ce soir. Mais derrière les apparences, chacun sait que le Parti socialiste est divisé et, surtout, sur la question de l’Europe, il est sans idées »…

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Autre événement sportif venant à la rescousse d’un parti de gauche : Roland Garros. Le Front, regroupant Jean-Luc Mélenchon, le PCF et quelques dissidents du NPA pour les européennes publie une affiche qui lie la prochaine échéance électorale avec la finale du grand chelem du 7 juin.

L’ex-socialiste Mélenchon parie t-il sur Roger Federer? Ne voit-il pas le joueur ibérique, Raphael Nadal, vainqueur du tournoi ?

En tous les cas, le sénateur de l’Essonne souhaite que ce jour soit avant tout une victoire du Front de Gauche (enfin, il rêve d’un bon score  aux élections, et pourquoi pas de titiller le PS).

Son principal adversaire étant l’abstention, le leader du Parti de Gauche veut que le 7 juin ne se résume pas seulement à la finale de Roland Garros…Evidemment!

 

P.L

11 mai 2009

Nicolas Sarkozy, le temps d’un week-end

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Nicolas Sarkozy en vadrouille. Le président de la République n’a cessé de courir après le temps, durant son week-end. Sur les routes de France, de Navarre et d’Allemagne pendant deux jours, Sarko a fait ce qu’il sait faire si bien : se montrer au grand jour face aux médias.

Le chef de l’état s’est ainsi rendu dans le Var. Au Cap Nègre forcément, chez Carlita, où il fait une halte obligée. Mais surtout à la Nartelle, dans le cadre de l’anniversaire de la capitulation de l’armée nazi le 8 mai 1945. Et non de « l’armistice », comme l’ont laissé entendre par erreur certains communiqués de l’Elysée.

L’histoire n’est pas la spécialité de notre Sarko national. Il préfère le football. Après quelques tergiversions, il est finalement venu au stade de France, à l’occasion de la finale bretonne (opposant Guingamp à Rennes) de la coupe de France samedi soir. Sarko absent et le Télégramme de Brest aurait crié au scandale, dénonçant une « faute grave politique ».

« Que le meilleur gagne ! », glisse Nicolas Sarkozy, « passionné de football », au micro de France 2. Le supporter du PSG n’oublie point de rappeler qu’en football, il est incollable. « La Bretagne était déjà à l’affiche pour la coupe de la ligue, même si Vannes a été battue » (contre Bordeaux). Avait-il relu sa fiche avant son intervention ?

« C’était important pour moi d’être là », confie t-il à la TV. Le président de la République devait se réconcilier avec la Bretagne. Et s’excuser auprès de ses habitants, dont il se « fout » pourtant. (Selon Yasmina Reza, le chef de l’état aurait prononcé la phrase « je me fous des Bretons » durant sa campagne présidentielle. Des mots qui avaient suscités la polémique, à l’époque)

Le lendemain, direction l’Allemagne, sa capitale et le Potzdamer Platz (place de Berlin réputée) en compagnie de la chancelière d’Outre-Rhin.

Le « président de tous les Français » glorifie son hôte comme d’habitude lorsqu’il est à l’étranger . Telle une déclaration d’amour. Nicolas Sarkozy ne fait d’ailleurs pas  les choses à moitié. Il s’adresse au canard populaire « Bild am Sonntag ». Durant son entretien, il explique ce qui lui plaît chez les Allemands. Evoque alors un pays « moderne, accueillant, authentique, ouvert, sincère ». Donne une réponse toute faite en vantant leur « capacité à réformer », les valeurs tels que le « travail, la justice, le mérite ».

Sarko ne peut, évidemment s’empêcher de cultiver son ego. „ La réconciliation franco-allemande n’a été possible que parce que deux hommes extraordinaires, le général de Gaulle et le chancelier Adenauer voulaient passer outre un passé de haine (…) Avec Angela Merkel, nous poursuivons cette belle et durable tradition» d’amitiés entre président et chancelier(e) des deux rives du Rhin…

Le chef de l’état en profite aussi pour flatter « Angie », la chancelière : « c’est une femme politique remarquable et je la trouve sympa !».

Campagne oblige, le président soutient bec et ongles, corps et âme Angela Merkel. Les européennes approchent et les deux partis (UMP et CDU), membres de la PPE s’étaient jurés d’organiser un meeting commun. Afin de montrer clairement leur attachement aux militants de droite ?

On peut se poser la question. En effet, le vice-chancelier Steinmeier (SPD) n’y est pas invité. Car la présence du candidat des sociaux-démocrates aux prochaines élections générales (septembre 2009) n’a « pas de sens », dixit Sarko.

Selon le président, une réunion entre membres d’une seule et unique « famille politique » semble plus importante qu’une commémoration riche en symbole à laquelle il était cependant convié. Une cérémonie sur l’abolition de l’esclavage ne l’intéresse pas ?  Toujours est-il qu’il zappe la réception du 10 mai à Bordeaux. Au grand dam du conseil représentatif des associations noires (CRAN). Une « ligue » qui considère cette absence comme une « faute ».

Ecart ou pas, il est vrai que le président ne peut se dédoubler. Et se trouver à deux endroits différents au même moment. Un choix s’est avéré nécessaire. Entre la cérémonie symbolique et le meeting politique visant à récolter des voix d’électeurs, la décision a vite été prise, semble t-il (ou pas).

 

Le temps d’un week-end…

P.L
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7 février 2009

le canard des partis : Besancenot, Krivine, Sarkozy, Bayrou, Thuram, au programme

 

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La LCR est morte, vive le NPA. La gauche de la gauche n’est plus. Les trotskistes évoluent. La Ligue Communiste Révolutionnaire a été enterrée hier soir, au profit du Nouveau Parti Anticapitaliste, cher à Olivier Besancenot, le facteur le plus connu de France.

Quelles sont les différences entre les deux partis ? Eléments de réponses avec Alain Krivine, sur le Monde.fr : « On n’abandonnera aucune référence qui semble utile au combat anti-capitaliste. Le marxisme en fait partie. On va garder tout ce qu’il y a de positif dans l’héritage trotskiste, libertaire ou communiste ». Et tout ce qu’il y a de négatif, on le jette à la poubelle ?

Les questions d’alliances politiques se posent. Jean Luc Mélenchon aura-t-il l’honneur d’accueillir le NPA, au sein de son « front de gauche » ? Alain Krivine : « Nous sommes pour une nette prise de position contre toute participation aux exécutifs avec le PS. Or, le PCF et Mélenchon soutiennent à fond le parti allemand Die Linke qui dirige Berlin avec le SPD, avec des conséquences désastreuses. »  CQFD. Olivier Besancenot en rajoute : « Nous ne sommes pas une boutique électoraliste, pas un parti institutionnel, mais un parti de militants ». M’enfin, une formation politique peut être l’un et l’autre…

 

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Et Sarko prit le virage à gauche. Olivier Besancenot l’assure. Sa formation est un parti de « gauche (minoritaire, certes) qui résiste ». Ah quoi bon, désormais ? Nicolas Sarkozy lutte contre les méchants capitalistes et les mauvais traders. Il veut supprimer certains bonus des banquiers, et serait peut-être tenté de « copier » Barack Obama, qui souhaite plafonner le salaire des PDG. Au grand dam du Medef. Laurence Parisot s’écrie : « Il n’est ni normal, ni souhaitable que l’État décide des rémunérations des chefs d’entreprises ». Alors laissons « l’entrepreneur entreprendre ». Bien dit, Madame la présidente !

 

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Le petit Nicolas se prend pour un Eléphant rose socialiste. Jeudi soir, au cours de son intervention à la TV, le président de la République jure avoir écouté les manifestants du 29 janvier. Le Sauveur de tous les Français veut mettre fin à la taxe professionnelle. Il propose la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu et l’augmentation des allocations familiales. Une annonce définitive ? Non, il ira d’abord en discuter avec les syndicats, le 18 février prochain. Le dialogue, avant tout. Comme un petit air de Ségolène, qui lors du débat présidentiel en 2007, voulait rencontrer les partenaires sociaux. Le but : engager du personnel, capable de co-rédiger des réformes à venir. Un débat, avant la décision finale, en somme.

 

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Bayrou, avec les moyens du bord. Demain, le président du Mouvement démocrate présentera son équipe des Européennes, au palais de la Mutualité de Paris. A défaut de trouver des politiques, souhaitant porter la couleur du Modem, c’est-à-dire l’orange, il invite des personnes, issues de la société civile. Des non-professionnels. Voire des inconnus au bataillon. Une ancienne conseillère de Romano Prodi, alors président de la Commission européenne, Sylvie Goulard, a été choisi pour Ouest.

Robert Rochefort, directeur général du Centre de recherche pour l’étude et les conditions de vie (Crédoc) conduira la liste dans le Sud-Ouest. Le fondateur de Marianne Jean François Kahn, alias JFK sera tête de liste du Grand-Est. Etrange, les eurodéputées sortantes des zones en question (respectivement, Anne Laperrouze et de Nathalie Griesbeck) se muent en valets, c’est-à-dire seconds sur la liste. L’inexpérience prime t-elle chez les Centristes « indépendants » ? L’ancien Vert Yann Wehrling est seulement N°3 sur la liste de JFK. Un beau cadeau pour un écolo, que Bayrou « aime bien » pourtant. Comprendra qui pourra.  

 

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Toutes les places sont prises. Toutes ? Non ! La tête de liste de l’Outre-Mer n’est pas désignée. La faute à Lilian Thuram, qui a malheureusement refusé l’offre du Modem. L’ancien international français préfère apprendre, avant de se lancer en politique un beau jour. Pas d’inquiétude, François. Le Guadeloupéen a également refusé le maroquin de la Diversité de Sarko…

8 juillet 2008

Le football pourrait-il venir en aide au politique ?

Issu du Canard de 2006


Depuis l’entrée en lice de l’équipe de France, et notamment à la veille de la finale de la coupe du monde de football, dimanche 9 juillet 2006, opposant la France et l’Italie, toute la classe politique multiplie les gestes de soutien aux Bleus.

La façade de la mairie lilloise affiche une pancarte de remerciement et d’encouragement « Bravo Ribéry – qui est originaire de la ville du Nord – Allez les Bleus ! » ; tandis que Paris assure sur plusieurs affiches qu’elle « aime les Bleus ». D’autres enceintes politiques font de même, en accrochant des écharpes (comme le Palais Bourbon, face à la Concorde)

Chirac va recevoir quoi qu’il arrive les Bleus à l’Elysée lundi matin. Depuis le match contre le Togo, gagné sur le score de 2-0, le président de la République accumule les messages d’encouragements et de félicitations. Après ce succès précieux, qui qualifie la troupe à Domenech pour les huitièmes de finale, le 23 juin 2006, le président présentait « ses chaleureuses félicitations pour leur magnifique qualification ». Il a assisté au match, comptant pour les quarts de finale, contre le Brésil, et sera présent ce soir, à Berlin, pour peut être assister au couronnement final de Zidane et ses coéquipiers.

Le premier ministre, Dominique de Villepin n’a pas non plus manqué à son devoir. Présent à Munich pour la demi-finale, en la présence du ministre des sports Jean François Lamour (qui a assisté à tous les matchs des Bleus), il a reconnu le « formidable exploit » de cette équipe.

L’élan de solidarité derrière son équipe, visible un peu partout en France touche, de plus chaque groupe social. Ainsi, la classe politique, les cadres, les ouvriers, et « les exclus de l’économie » se retrouvent ensembles pour encourager les Bleus. Ce phénomène reflète-il la renaissance d’un patriotisme, certes limité ? Et de façon plus générale, que peut apporter le football au monde, au politique ?

Adefope, ancien ministre des affaires étrangères du Nigeria est de l’avis que « la philosophie qui veut que sport et politique ne se mélangent pas est spécieuse et hypocrite. Les exploits sportifs sont aujourd’hui utilisés comme étalon de la grandeur d’un pays. Les rencontres sportives seraient-elles par conséquent l’occasion de manifester la grandeur du pays ?

L’histoire montre que oui. Depuis les années folles (20’s), les grandes nations se rassemblent pour s’affronter, mais seules les équipes des pays vainqueurs de la première guerre mondiale ont le droit d’y participer. Ainsi, l’Allemagne et la Russie sont exclues de ce genre de rencontres. Les premières coupes du monde (les années 30) vont pourtant réunir toutes les nations de la planète (européennes, américaines, puis africaines et asiatiques).

La cérémonie de la présentation de la coupe du monde 2010 en Afrique, en la présence du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, du président de la république d’Afrique du Sud, Thabo Mbéki, de Sepp Blatter, le patron de la Fifa, ainsi que de Franz Beckenbauer, président du comité de la coupe du monde en Allemagne avait pour but de transmettre un message, « pour un monde meilleur », en Afrique, où la popularité du football s’accompagne malheureusement d’un manque d’argent et de moyen.

Le célèbre joueur du Libéria, Georges Weah, ancien ballon d’Or 1995 avait été battu de justesse aux élections présidentielles. Il s’était présenté à la candidature de la présidentielle en « acceptant la requête du peuple ». « Mister Georges », l’idole du pays voulait se positionner en tant que « véritable patriote » pour « sauver le pays », plongé dans une guerre civile, affaibli par des dettes, des corruptions, donner du travail à ses pauvres compatriotes. Un footballeur, chef d’un Etat, est-ce réellement utopique ?

Tandis qu’au Libéria, ce scénario est quasiment devenu réalité, en France, cette idée circule depuis la victoire des Bleus il y a huit ans, où des slogans (« Zizou, président ! ») sont scandés sur les Champs Elysées, au soir du 12 juillet 1998. Aujourd’hui, depuis la victoire des Bleus en demi-finale contre le Brésil, certains supporters reprennent ce slogan, un an avant les présidentielles, en 2007, avant tout pour féliciter le maestro Zidane, tout proche du titre de champion du monde, à nouveau. Néanmoins, selon Claude Fitoussi, politologue, l’éventuelle candidature « apolitique » de Zinédine Zidane pourrait « changer la donne » en France et remettre en cause la traditionnelle séparation politique entre droite et gauche, de plus en plus superficielle, en raison d’une confusion des programmes des hommes politiques de droite ou de gauche.

Au cours des matchs de poule, où l’équipe de France n’arrivaient pas encore à se libérer totalement des souvenirs nauséabonds de la désastreuse coupe du monde en Asie, de 2002, le premier ministre avait répondu aux critiques des français et des médias, en demandant à la nation française de « soutenir les Bleus, tous ensembles, en se rassemblant ».

Difficile alors de ne pas faire une comparaison avec l’impopularité croissante du premier ministre, résultant des difficultés et des crises, qui secouaient alors son gouvernement : victoire du non au référendum du 29 mai 2005 pour la constitution européenne, prôné par quelques noms de la classe politique ; crise des banlieues, fin 2005, mobilisations importantes contre le CPE, il y a quelques mois ; ou encore l’affaire Clearstream. Indirectement, ne voulait-il pas appeler sa majorité à se rassembler derrière lui ?

Le football permet de véhiculer dans la société des valeurs comme le respect des règles, la mixité sociale (« Black blanc Beur »), la solidarité, le patriotisme, le soutien d’un peuple entier derrière une équipe de football.

Ce sport si populaire est-il en train de venir en aide au politique au moment où la classe dirigeante française aurait bien besoin d’un soutien de toute la France derrière elle, comme l’ont acquis les Bleus depuis la qualification aux dépens de l’Espagne ?

P.L

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