le Canard de l’Etang

4 février 2012

Pourquoi les sympathisants de syndicats votent de plus en plus Le Pen

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon un sondage réalisé par l’Ifop, 25% des sympathisants de FO et 22% de ceux de la CGT veulent voter Le Pen à l’élection présidentielle. Comment expliquer ces scores aussi élevés? 

Encore un sondage qui ne laissera pas indifférent. Selon une étude de l’Ifop, parue dans L’Humanité de ce vendredi matin, 19% des actifs proches d’un syndicat souhaitent voter Marine Le Pen.  

C’est l’organisation Force ouvrière qui est la plus touchée par la percée du Front national dans le monde des salariés. Selon l’Ifop, 25% de leurs sympathisants voudraient glisser un bulletin Front national dans l’urne. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, interrogé par L’Express, ne se montre « pas vraiment surpris ». « Dans un contexte de crise, c’est normal qu’il y ait un vote contestataire de la part de gens dans la difficulté. »  

« Il y a, à FO, une diversité d’opinions, confirme Jérôme Fourquet, auteur de l’étude. Et dans les années 1970 et 1980, une part importante d’ouvriers proches du RPR et du gaullisme se tournait vers FO. » Et non vers la CGT et la CFDT, historiquement liés au PCF et au PS.  

« Petit à petit, cet électorat de la droite ouvrière a lentement glissé vers l’extrême droite, comme on l’a vu à l’occasion des élections cantonales de mars 2011 au cours desquelles les partis de droite ont souvent été battus dans les cantons populaires au profit de la gauche et du FN. La droite ‘populaire’ a abandonné Sarkozy », analyse Fourquet.  

Une part non négligeable des salariés de gauche a aussi rejoint le parti de Marine Le Pen. Ce que le sondage démontre. 22%, 17% et 13% des sympathisants, respectivement, de la CGT, de la CFDT et de Sud pensent voter pour la présidente du Front national. « Certains ouvriers, politiquement de gauche, n’y voient pas d’incompatibilité », estime Jérôme Fourquet.  

« Un rejet du système »

La preuve: la moitié des sympathisants de la CGT, proches du FN, préfèreraient voter Hollande à Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle de mai 2012.  

Ces derniers sont « touchés par les délocalisations, par la concurrence des produits fabriqués à l’étranger, et sensibles aux questions européennes », selon Fourquet, c’est-à-dire les thèmes de campagne du FN. Ce dernier « a capté les colères, les craintes et la demande de protection de cette classe populaire ». 

« Ce n’est donc pas un vote d’adhésion, avance Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC -dont 21% des sympathisants penchent pour un vote FN-, mais un rejet du système et des hommes politiques, qui selon les salariés, ne représentent plus le pays. » Le syndicaliste songe à toutes « ces promesses non tenues ». 

« Consigne de vote »

Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly pointe aussi du doigt « nos élites politiques » qui « devraient se poser quelques questions. »  

Pas la faute des syndicats, donc? « Tous les acteurs, syndicats et partis politiques, ont leur part de responsabilité, reconnaît Laurence Laigo, secrétaire nationale de la CFDT, chargée de la relation avec le monde politique. Il faut aller à la rencontre des salariés et leur donner des réponses face aux manques de repères. »  

Selon elle, « les propositions de Marine Le Pen ne sont pas porteuses d’avenir ». Les syndicats luttent donc contre les idées du FN. Sans grand succès, pour l’instant. Que faire de plus? « Pas grand-chose, répond Mailly, le syndicat ne doit pas non plus donner de consigne de vote. »

PL

8 octobre 2010

L’espérance

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Quand un homme tombe si bas dans les sondages, il cherche par tous les moyens à remonter la pente. Surtout lorsque cet homme dirige la France. Et, en particulier, à moins de deux ans d’une présidentielle.

Première solution : rendre visite au pape et prier à la basilique Saint-Pierre. En espérant que la grâce lui tombe du ciel, afin qu’il puisse retrouver ses électeurs catholiques, voire centristes, qui l’ont abandonné petit à petit depuis 2007. Il fallait bien remédier au « désamour », dont s’est fait récemment l’écho la croyante Christine Boutin.  Et tant pis si le pratiquant François Bayrou désapprouve.  

Sarkozy au Vatican pour enterrer la polémique sur les Roms

Son vœu le plus cher se porterait-il sur ses ouailles révolutionnaires qui battent le pavé en ce moment ? Prie-t-il pour que les grèves illimitées à compter du 12 octobre ne soient pas (trop) suivies par les cheminots et les autres salariés ?

Lire la deuxième partie de cette « fausse enquête » : Nicolas Sarkozy et son bouclier fiscal :  http://url.exen.fr/15943/

P.L

10 mars 2010

journalistes enlevés : une rassemblement de soutien « pour ne pas les oublier »

Le Canard publie un papier dédié au départ à l’Express.fr. Le sujet  : un rassemblement de soutien à Paris aux deux journalistes retenus en otages en Afghanistan. Aucun politique n’était présent, bizarrement. Même pas un « homme de gauche », s’étonne Robert Ménard, ancienne figure de proue de Reporters Sans Frontières.

journalistes enlevés : une rassemblement de soutien

(photo, AFP)

Un rassemblement de soutien aux journalistes de France 3 et à leurs accompagnateurs afghans, retenus en otage à Kaboul depuis le 30 décembre dernier a eu lieu mardi 9 mars à l’initiative de Reporters sans frontières, les journalistes de la rédaction nationale de France 3 et la Société nationale des journalistes.  

« J’ai appris la nouvelle voilà une heure sur France Info. Je n’ai pas hésité à venir. », murmure Claude, sexagénaire à la moustache grise, debout dans une foule de 300 personnes, principalement des journalistes, qui s’est réunie ce 9 mars, place du Trocadéro, à Paris. Hervé et Stéphane, retenus en otage à Kaboul, « depuis 70 jours » sont de « bons journalistes », estime t-il, la voix rauque. Ce rassemblement de soutien « peut aider », ajoute t-il, comme au temps où Florence Aubenas était retenue à Bagdad » en 2005.

La reporter du Nouvel Observateur a fait le déplacement comme de nombreux confrères de France Télévisions et notamment de France 3. Un rassemblement utile, voire « indispensable », selon Stéphane, monteur et « petite main de la télévision » : « 70 jours de captivité, c’est long », souligne le cinquantenaire, avec un léger sourire.

« ne rien faire va leur causer du tort »

Regroupés en cercle, les manifestants discutent entre eux, rient même de bon cœur. Certains évoquent, alors, la raison de leur présence. « Soutenir sa famille », glisse Marc Dana, journaliste pour la troisième chaîne, proche de l’un de ces collègues enlevés avec qui il a travaillé à « Pièces à Convictions ». Le rassemblement prend la forme d’« une piqûre de rappel », explique t-il afin qu’ « on ne les oublie pas ». 

Jean-François Julliard, secrétaire général de RSF abonde en ce sens autour des nombreuses caméras et devant quelques pancartes de soutien : « On ne va pas placarder leur portrait dans tous les coins de rues parisiennes, mais ne rien faire leur fera du tort ». Le successeur de Robert Ménard à la tête de l’association internationale n’oublie pas de remercier « ceux qui sont venus », évoque d’autres manifestations en France, comme à « Rennes, Montpellier ou à Lille ».

« Des propos grossiers, indignes, méprisables »

Unanimes, les journalistes s’accordent à dire que la discrétion médiatique a été utile pour le bon déroulement de la mission de sauvetage. Or, Claude Guéant a brisé ce silence. Sur Europe 1, le secrétaire général de l’Elysée a reconnu, à la mi-janvier, que l’enlèvement des deux journalistes avait suscité la colère de Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat aurait dénoncé une « imprudence vraiment coupable » de leur part. Puis, Claude Guéant s’en est lui-même pris aux journalistes enlevés : « Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées, qui du reste sont détournées de leurs missions principales. Je crois que (…) le scoop ne doit pas être recherché à tout prix », avait-il ajouté. Le général Gorgelin avait ensuite précisé que le coût des opérations menées jusqu’à présent s’était élevé à « plus de 10 millions d’euros ».

Serge Cimino, journaliste et représentant de la Société nationale des journalistes (SNJ) évoque ce mardi des propos « grossiers, indignes, méprisables » contre Hervé et Stéphane, deux « garçons courageux », selon lui. « La rédaction les soutient », conclut-il sous les applaudissements du public.

Les informations concernant les deux journalistes demeurent toutefois incertaines. Hervé  Morin, ministre de la Défense, a assuré le 2 mars détenir des « preuves de vie très récentes ». « On sait à peu près où ils sont retenus », indique Jean-François Julliard. Leurs geôliers seraient sûrement proches des talibans.

Elise Lucet, présentatrice de l’émission de France 3 « Pièces à Conviction » attend avec « impatience » des explications de la part de ses deux confrères « à leur retour ». Elle regrette de ne pas avoir été « présente » lors de la première mobilisation du 28 janvier dernier. Je ne pouvais pas, je présente le 13h sur la Deux ! »

Philippe Lesaffre

26 mai 2009

Frédéric Lefebvre innove…au grand dam de sa majorité!

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« Quand on fait de la politique, il faut aller au bout des ses convictions », « faire des propositions » même « innovantes ». En ces termes, Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti présidentiel justifie son amendement sur le télétravail en cas d’arrêt maladie ou de congé maternité. Et ce, dans le cadre d’une proposition de loi UMP concernant le prêt de main d’oeuvre entre entreprises.

Le député des Hauts-de-Seine souhaite que des salariés en arrêt maladie qui ont les « capacités intellectuelles » suffisantes « pour travailler » puissent bosser de chez eux, « à distance », grâce à un ordinateur, par exemple. Toutefois, seulement s’ils en font la demande.

Le député proche du chef de l’état pense là à tous celles et ceux qui ne peuvent concevoir leur vie sans le bureau et qui s’en mordent les doigts lorsqu’ils tombent malade…

Fermez les yeux et imaginez deux secondes la détresse d’un homme (ou d’une femme) qui se casse une jambe, subissant par conséquent un arrêt maladie pendant plusieurs semaines.  Au lieu de se tourner les pouces, il (ou elle) pourrait reprendre de service plus tôt que prévu. Et à domicile, de surcroît.

Une idée formidable, non? Certes. Mais qui « pose des problèmes ». Y compris au sein de la famille politique UMP.

Une majorité qui, sur ce coup ne suit guère Frédéric Lefebvre, sauf peut-être Xavier Bertrand. Le ‘Chouchou du président’ ne prend pas ce texte pour un « recul social ».

Jean François Copé, lui, n’est ni pour ni contre. Bien au contraire, le président du groupe UMP à l’Assemblée reste sans avis. Comme jadis, à propos du statut de beaux-parents pour les familles homosexuelles où le député-maire de Meaux réclamait un débat pour se faire une « opinion ».

Hormis ces exceptions, le sujet fâche à gauche (on s’en doute), comme à droite. La commission des Affaires sociales au Palais Bourbon, présidée par Pierre Méhaignerie (UMP) a rejeté haut la main l’idée du député des Hauts-de-Seine.

Le gouvernement semble  « contre », parole de Nathalie Kosciusko-Morizet, alias NKM.

Tumulte, aussi, du côté des syndicats ulcérés. Jean-Claude Mailly (FO) se dit consterné par l’idée « absurde » et ironise : le gouvernement va un beau jour « faire travailler les morts ».

En tout cas, le débat reprend mercredi à l’Assemblée où Frédéric Lefebvre pourra défendre son projet novateur sur le télétravail.

Le porte-flingue de l’Elysée, y arrivera t-il sans adresser de piques verbales à ses opposants politiques ?

Encore faut-il que l’ex-maire de Garches (92) soit présent au débat. Frédéric Lefebvre se fait souvent remarquer par son absentéisme parlementaire. Comme dernièrement, lors du fameux vote contre Hadopi par une majorité de socialistes (téléchargement illégal sur le Net)…

 

P.L

30 mars 2009

Demain, dans le Journal (officiel), « une règle en temps de crise » (Fillon)

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Un gouvernement en faveur du capitalisme moral. Et s’opposant aux entrepreneurs qui perdent la raison.

Vraiment ? François Fillon vient de présenter le décret tant attendu, censé réglementer les stock-options des PDG, dont les entreprises sont aidées par l’Etat. Pour celles qui bénéficient d’un soutien financier, aucun bonus n’est toléré. Et ce, jusqu’au moins « 2010 ». Le pouvoir exécutif aurait-il un talent de prémonition ? La croissance reprendra t-elle l’année prochaine, comme le croit la BCE ? Peut-être. Et après ?

La crise terminée, les patrons, encadrés par l’Etat, pourront à nouveau s’en mettre plein les poches. Annoncer des suppressions de postes de temps en temps. Délocaliser même si l’entreprise est rentable. Se référer (uniquement) au code éthique de bonne gouvernance du Medef. Chère à Laurence Parisot. Et tellement efficace…

P.L

26 mars 2009

Sarko, président de…

En direct de Saint-Quentin (Aisne), au cœur du giron du « gentil Xavier Bertrand », à l’heure du discours du président de la République. Le scoop.

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Sarko, le président de tous les Français ? Sans distinction de couleur de peau, d’âge, de profession ? Que ce soit des pauvres, des riches, mais encore des ouvriers, des cadres, des PDG  en quête de stock-options et autres bonus ? Mais aussi une population que rien n’arrête pour battre le pavé ? Prête à tout, pour sortir pancartes de chez soi ? Les Français qui se réclament de la gauche ? Les camarades socialistes, communistes, sans oublier les radicaux, les Trotskistes, qui rêvent de révolution sociale, comme en Guadeloupe ? En principe seulement.

Car Nicolas Sarkozy pense d’abord à une caste en particulier. Et pas n’importe laquelle. Celle qui a les moyens de s’offrir une Rolex avant cinquante ans ? Voire. Les habitants de belles et riches banlieues, comme Neuilly-sur-Seine ? Evidemment. Mais pas que. La France qui travaille, qui se lève tôt ? Voilà, nous y sommes.

Sarko glisse pendant son discours qu’il songe à eux. « J’ai  voulu protéger la France exposée à la crise, la France qui travaille malgré l’angoisse, la France qui ne proteste pas et qui est soumise à des pressions considérables ». C’est-à-dire « cette majorité silencieuse qui n’a pas les moyens de se mettre en grève, ou de manifester ».

En un mot, le pauvre employé, ou l’ouvrier qui peine à remplir sa tirelire. L’individu qui souffre en silence face au patron sans scrupule, qui ne cherche que son bonheur matériel. Qui ne respecte guère le code de la bonne gouvernance du Medef. Qui se fiche des remontrances du ministre Laurent Wauquiez. Et qui, malgré ses erreurs, s’en tire toujours honorablement. Avec un portefeuille garni.

P.L

19 février 2009

la rencontre tripartite de l’Elysée : peu de surprises…

Que retenir de la réunion qui s’est déroulée hier après-midi à l’Elysée entre le président de la République et les partenaires sociaux, puis de l’intervention télévisée de Sarko ? 

Le Petit Nicolas se passionne encore pour « le Capital » de Marx. Son livre de chevet depuis septembre 2007. Même s’il ne cède pas (encore ?) face à certaines revendications syndicales, comme la hausse du SMIC et la suppression de paquet fiscal.

 

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Le moins que l’on puisse dire ? Le sommet n’a pas offert de réelles surprises. Les gestes du président de la République ne sont pas minimes, le montant total des aides non dérisoires (2,6 milliards). Mais les propositions de l’Elysée étaient déjà connues, pour la plupart, avant 15h, hier. Parmi les principales mesures : la réduction d’une partie de l’impôt sur le revenu, pour quelques millions de contribuables, mise en place d’une prime exceptionnelle de 500 euros, accordée certains jeunes chômeurs.

 

Il convient selon Sarko d’éviter « les erreurs du passé », c’est-à-dire conduire une « politique de facilité, qui sacrifierait l’avenir au présent, conduirait à la banqueroute, ruinerait la compétitivité de notre pays ». Une allusion claire à la vision des Eléphants roses socialistes, qui prônent, comme les syndicats une relance par la consommation, afin d’améliorer le pouvoir d’achat des Français incessamment sous peu. Le PS, adepte d’une politique de facilité ? Ah bon ?

 

Sarko, lui, préfère miser sur le travail, la réforme et l’investissement. Pour les « emplois de demain » ? Certes, mais aussi afin de ne pas recourir au « rétablissement (du contrôle) administratif de licenciement », proposé par le porte-parole du PS, Benoît Hamon.

 

Halte à toute augmentation de SMIC, puisque cela concerne « un salarié sur dix » seulement. Et les autres, alors n’auraient rien ? En fait, il en va de la « justice (sic)» sociale, d’après Sarko. Il refuse de donner de l’argent pour une minorité de Français. Une question me taraude : le « paquet fiscal », que Nicolas Sarkozy ne retire pas, englobe combien de privilégiés ?  

 

Sarko et les capitalistes. Une hausse de SMIC ? On « aggraverait les difficultés des PME », ce qui les pousserait à licencier. La hantise du président. Depuis le début de cette crise financière puis économique, survenue au lendemain de la fermeture forcée de Lehman Brothers, Sarko est devenu le héros des gentils Français contre les méchants capitalistes (et les fourbes traders), les bandits de Wall Street, de la City, voire du CAC 40. Cette tendance marxiste ne s’est pas atténuée aux côtés des syndicats réunis autour d’une table.

 

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Une mesure « nécessaire » ? La « refondation du capitalisme », dixit Sarko. Ni plus ni moins. Les « salariés ne doivent pas être oubliés »  Le président s’offusque que les dirigeants d’entreprises s’en mettent plein les poches. Les PDG qui licencient alors que l’entreprise rapporte devront désormais « s’engager à renoncer au bonus ». Le Petit Nicolas prône le partage équilibré des profits des entreprises entre les actionnaires, l’investissement et les salariés (vulgairement, la règle des trois tiers). Le gouvernement s’engage à rattraper les entrepreneurs qui passeraient outre ces nouvelles règles. Comme Christophe Margerie, PDG de Total, qui a annoncé la semaine dernière des profits faramineux de son groupe en 2008?

 

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Enfin, une réunion ne se termine jamais sans la réaction à chaud de Bernard Thibault, évidemment peu satisfait des décisions du président qui avait pourtant, en compagnie de François Fillon « mûrement réfléchi », pour trouver des solutions à la crise. Un spectacle important. Avec ses collègues, le cégétiste espérait que l’Elysée mette sur la table environ huit milliards d’euros. Il en obtient à peine trois.   « Il y a eu de la tension et du sport au cours de cette réunion. Je le dis aux salariés, il faut noter la position intransigeante du Medef lors de cette réunion. Il va falloir pousser plus fort en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et plus généralement en matière de considération. » Autrement dit, un scoop, non ?

 

 

16 février 2009

Elysée-gouvernement-médiateurs

 

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Le Canard Enchaîné confie la nouvelle dans son édition de mercredi dernier. Une simple citation du président de la République survenue après son intervention télévisée. « Moi, je fais des annonces et après ce n’est plus mon sujet ». Une « annonce » sincère ? Une promesse de temps en temps et puis s’en va : la devise de Sarko ?

Des exemples récents ? Bien sûr ! La taxe professionnelle. Puis, un peu plus tard, la création d’un « conseil interministériel de l’Outre-mer » qui se réunira  dans « quelques mois » seulement. Une de ses promesses de campagne de 2007,d’ailleurs, comme l’a rappelé Yves Jégo, sur le plateau du Grand Journal de Canal +, la semaine dernière.

Sarko, la suite, toujours selon le journal satirique, dont les infos politiques sont parfois douteuses (ou pas) : « aux autres de faire leur boulot ». Autrement dit, au gouvernement de gérer les crises. Et lorsque les ministres en charge des questions épineuses sont en difficulté ou ont d’autres chats à fouetter, sont envoyés des médiateurs. Une véritable pyramide de l’action gouvernementale.

Yves Jégo est rentré de son voyage en Guadeloupe et en Martinique sans résultat. Il assure tout de même que son « boulot c’est d’être sur le terrain le plus souvent possible. » Toutefois, les manifestations se sont poursuivies. A sa décharge, dans une interview, donnée au Parisien : « En Martinique, le dialogue se poursuit sur la base des 39 propositions que j’ai faites la semaine dernière ». Comprendre ici, le gouvernement a fait ce qu’il a pu.

La balle est dans le camp des partenaires sociaux, censés, selon Luc Chatel de « prendre leurs responsabilités (…) pour permettre de trouver un accord». Problème, les négociations n’avancent guère, car le gouvernement ne veut toujours pas baisser les charges patronales, afin de permettre aux salariés « de gagner plus ».  Et l’envoi de deux médiateurs n’a rien apporté.

Valérie Pécresse est en froid avec les professeurs des universités. Ils ont battu le pavé en compagnie d’étudiants plusieurs fois ces derniers jours, aussi bien à Paris que dans le sud de la France. Son souci, une réforme qui ne passe pas auprès du monde universitaire ? Certes. Mais pas seulement.

La chiraquienne, en pleine campagne pour les primaires UMP, en vue des prochaines élections régionales, tente de plaire aux élus franciliens, qui lui préfèrent Roger Karoutchi. Du coup, le gouvernement lui a offert un peu de répit (et de repos ?) en envoyant sur place une médiatrice, Claire Bazy-Malaurie, une énarque qui a la lourde tâche de calmer les profs-chercheurs.

Ces derniers « craignent que la nouvelle loi accorde trop de pouvoirs aux présidents d’université en matière de répartition de leurs temps de travail entre enseignement et recherche » (le Figaro). La médiatrice espère « trouver un terrain d’entente » avec les professionnels de la fac. Et aux côtés de la ministre de l’Enseignement supérieure, obligée de mettre « entre parenthèses » sa campagne en Ile de France.

16 février 2009

Yves Jégo et l’Outre-mer : des négociations sans lendemain?

 

 

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Deux médiateurs en Guadeloupe, pour corriger les erreurs du ministre. La crise politique, entamée fin janvier par le collectif syndical LKP (contre les profiteurs), remonté contre la vie chère et contre les dessciminations de leurs concitoyens, se poursuit. Indéfiniment ? Le gouvernement espère que non.

Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, dans le Parisien : « J’espère que le travail des médiateurs (Jean Bessières et Serge Lopez) envoyés par François Fillon va porter ses fruits ». En un mot, des médiateurs au lieu du ministre, qui n’a pas réussi à débloquer la situation. Son déplacement en Guadeloupe n’a pas mis un terme aux nombreuses grèves et mobilisations. Yves Jégo est venu,  a vu, mais n’a pas vaincu. Au contraire.

Les syndicats exigent toujours une augmentation des salaires de 200 euros par l’Etat, une condition sine qua non de la reprise des négociations avec le gouvernement (via les médiateurs). « L’Etat n’a jamais promis de financer cette augmentation. C’est faux. Jamais je n’ai prononcé ce chiffre de 200 € », confie Yves Jégo. Un quiproquo, donc.

Est-il ainsi, pour autant « désavoué par François Fillon ?», demande le journaliste du Parisien. « Honnêtement, l’image d’Yves Jégo dans cette affaire n’a aucune importance » (Jégo parle de lui à la troisième personne). Tant mieux…

7 février 2009

le canard des partis : Besancenot, Krivine, Sarkozy, Bayrou, Thuram, au programme

 

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La LCR est morte, vive le NPA. La gauche de la gauche n’est plus. Les trotskistes évoluent. La Ligue Communiste Révolutionnaire a été enterrée hier soir, au profit du Nouveau Parti Anticapitaliste, cher à Olivier Besancenot, le facteur le plus connu de France.

Quelles sont les différences entre les deux partis ? Eléments de réponses avec Alain Krivine, sur le Monde.fr : « On n’abandonnera aucune référence qui semble utile au combat anti-capitaliste. Le marxisme en fait partie. On va garder tout ce qu’il y a de positif dans l’héritage trotskiste, libertaire ou communiste ». Et tout ce qu’il y a de négatif, on le jette à la poubelle ?

Les questions d’alliances politiques se posent. Jean Luc Mélenchon aura-t-il l’honneur d’accueillir le NPA, au sein de son « front de gauche » ? Alain Krivine : « Nous sommes pour une nette prise de position contre toute participation aux exécutifs avec le PS. Or, le PCF et Mélenchon soutiennent à fond le parti allemand Die Linke qui dirige Berlin avec le SPD, avec des conséquences désastreuses. »  CQFD. Olivier Besancenot en rajoute : « Nous ne sommes pas une boutique électoraliste, pas un parti institutionnel, mais un parti de militants ». M’enfin, une formation politique peut être l’un et l’autre…

 

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Et Sarko prit le virage à gauche. Olivier Besancenot l’assure. Sa formation est un parti de « gauche (minoritaire, certes) qui résiste ». Ah quoi bon, désormais ? Nicolas Sarkozy lutte contre les méchants capitalistes et les mauvais traders. Il veut supprimer certains bonus des banquiers, et serait peut-être tenté de « copier » Barack Obama, qui souhaite plafonner le salaire des PDG. Au grand dam du Medef. Laurence Parisot s’écrie : « Il n’est ni normal, ni souhaitable que l’État décide des rémunérations des chefs d’entreprises ». Alors laissons « l’entrepreneur entreprendre ». Bien dit, Madame la présidente !

 

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Le petit Nicolas se prend pour un Eléphant rose socialiste. Jeudi soir, au cours de son intervention à la TV, le président de la République jure avoir écouté les manifestants du 29 janvier. Le Sauveur de tous les Français veut mettre fin à la taxe professionnelle. Il propose la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu et l’augmentation des allocations familiales. Une annonce définitive ? Non, il ira d’abord en discuter avec les syndicats, le 18 février prochain. Le dialogue, avant tout. Comme un petit air de Ségolène, qui lors du débat présidentiel en 2007, voulait rencontrer les partenaires sociaux. Le but : engager du personnel, capable de co-rédiger des réformes à venir. Un débat, avant la décision finale, en somme.

 

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Bayrou, avec les moyens du bord. Demain, le président du Mouvement démocrate présentera son équipe des Européennes, au palais de la Mutualité de Paris. A défaut de trouver des politiques, souhaitant porter la couleur du Modem, c’est-à-dire l’orange, il invite des personnes, issues de la société civile. Des non-professionnels. Voire des inconnus au bataillon. Une ancienne conseillère de Romano Prodi, alors président de la Commission européenne, Sylvie Goulard, a été choisi pour Ouest.

Robert Rochefort, directeur général du Centre de recherche pour l’étude et les conditions de vie (Crédoc) conduira la liste dans le Sud-Ouest. Le fondateur de Marianne Jean François Kahn, alias JFK sera tête de liste du Grand-Est. Etrange, les eurodéputées sortantes des zones en question (respectivement, Anne Laperrouze et de Nathalie Griesbeck) se muent en valets, c’est-à-dire seconds sur la liste. L’inexpérience prime t-elle chez les Centristes « indépendants » ? L’ancien Vert Yann Wehrling est seulement N°3 sur la liste de JFK. Un beau cadeau pour un écolo, que Bayrou « aime bien » pourtant. Comprendra qui pourra.  

 

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Toutes les places sont prises. Toutes ? Non ! La tête de liste de l’Outre-Mer n’est pas désignée. La faute à Lilian Thuram, qui a malheureusement refusé l’offre du Modem. L’ancien international français préfère apprendre, avant de se lancer en politique un beau jour. Pas d’inquiétude, François. Le Guadeloupéen a également refusé le maroquin de la Diversité de Sarko…

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