le Canard de l’Etang

10 février 2012

Pourquoi Hollande ne va-t-il pas hors des frontières de l’Europe?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, UMP

Lu intialement sur L’Express.fr

François Hollande fait le tour des capitales européennes. Mais il ne se déplace pas au-delà. Alors, pour nouer des contacts, le candidat envoie des « ambassadeurs » au Moyen-Orient ou aux Etats-Unis. Pourquoi ne pas y aller lui-même? 

Laurent Fabius, missionné par François Hollande, s’est rendu, début février, en Israël, dans les Territoires palestiniens où il a pu converser avec Mahmoud Abbas sur la colonisation. Il a aussi rencontré des responsables libanais, durant son séjour à Beyrouth entre les 2 et 3 février.  

Mais ce n’est pas tout: l’ex-Premier ministre s’apprête bientôt à repartir en Asie, écrit, ce vendredi, Libération. Qui ajoute que Pierre Moscovici, le directeur de campagne du candidat socialiste, se rendra aux Etats-Unis. « En mars », précise l’entourage de François Hollande. Il y rencontrera Joe Biden et Hillary Clinton, histoire de nouer des contacts.  

Mais pourquoi le candidat PS, en quête de stature internationale, ne se déplace-t-il pas lui-même? « La campagne est dense et intense, répond Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, et il y a une juste répartition des tâches. Hollande se concentre sur la rencontre des Français. » 

Au Parti socialiste, on réplique aussi qu’il ira peut-être au Maghreb le mois prochain. Mais hormis ce déplacement encore incertain, rien d’autre, pour l’instant, au-delà des frontières de l’Europe. « La crise économique, sociale, financière est profonde et elle est liée à la question européenne », explique la porte-parole.  

Au programme, donc: un voyage à Londres, le 29 février, puis au Danemark et en Pologne, en mars. Doit-il voyager dans chaque pays européen? En tout cas, il ne se déplacera pas en Suisse, a confié, récemment, Pierre Moscovici. 

Le candidat socialiste s’est déjà rendu à Bruxelles, à Rome, à Madrid, ainsi qu’à Berlin. 

Berlin et Chicago, premiers déplacements en cas de victoire

Il a assisté, là-bas, à une réunion des sociaux-démocrates du SPD. Sans rencontrer Angela Merkel, à son plus grand regret. Il compte en effet la voir avant le premier tour, comme elle avait reçu la candidate socialiste de 2007, Ségolène Royal. Voeu pieu, pour l’instant, puisque la chancelière, interrogée lundi dernier avec le chef de l’Etat sur France 2 et la ZDF, a expliqué que ce n’était pas à l’ordre du jour.  

Depuis plusieurs mois, François Hollande et son équipe de campagne s’activent pour organiser des voyages à l’étranger. Or, souvent, ses projets de déplacement tombent à l’eau. Ou sont repoussés à plus tard advitam eternam: au Québec, en Asie, par exemple.  

Manque d’argent, manque de temps? Pas seulement. S’il avait décidé de se rendre aux Etats-Unis, par exemple, ses opposants auraient pu lui faire remarquer qu’il n’avait pu échanger avec le président des Etats-Unis. « Nous ne sommes pas guidés par ce genre d’analyse », répond Najat Vallaud-Belkacem. 

En tout cas, le candidat PS devra attendre son éventuelle victoire pour quitter le sol européen: il a déjà prévu de s’envoler vers Chicago, après un voyage post-victoire à Berlin. Comme un certain Nicolas Sarkozy. 

PL

8 février 2012

Sur le Web, l’équipe de Bayrou distribue les bons points

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre, president de la Republique

Lu initialement sur L’Express.fr

L’équipe de campagne de François Bayrou a inauguré, ce mardi après-midi, une nouvelle plate-forme du site Web du candidat MoDem. L’idée? Attirer des militants en un clic, leur suggérer des tâches de campagne à accomplir pour gagner des points. Et soutenir le président du Mouvement démocrate. 

Face aux grosses machines de l’UMP ou du PS, le candidat du Mouvement démocrate compte bien asseoir son autorité sur la Toile. Il a, jure le porte-parole Yann Wehrling, une « culture numérique ». Qu’il veut partager avec tous ceux qui seraient susceptibles de le suivre. D’où la nouvelle plateforme sur le Net qui invite n’importe quelle personne à se mobiliser, à agir pour la campagne du candidat Bayrou.  

Le site de campagne de François Bayrou

Capture écran du site de campagne de BayrouCapture écran du site de campagne de Bayrou

L’EXPRESS.fr

Il s’agit de faire des actions, de réaliser des tâches, même infimes. « Participer à une séance de tractage, confirmer sa présence à un meeting ou faire un don suffit », glisse Matthieu Lamarre, chef de la stratégie Web de Bayrou, qui occupe sept salariés à plein temps, sans compter les bénévoles.  

Et pour inciter les gens à militer -devant son PC ou sur son i-Phone, grâce à l’application « Bayrou 2012″, née mardi après-midi, ou carrément sur un marché en plein air-, le MoDem a vu grand. Il promeut le militantisme en un clic… comme le PS

Sauf que le parti centriste distribue, comme à l’école primaire, des bons points. Pardon, « des décibels », puisqu’il convient de « faire du bruit, de faire entendre sa voix », selon les mots du responsable de la communication du Mouvement démocrate, Jean-François Martins. 

« Partis provisoirement principaux »

Mais un nouveau venu peut très bien gagner des points, sans rien faire, par la suite. Le risque existe. Au Modem, on n’est pas dupe mais on en a cure. « On veut se contenter du déclaratif. » Untel déclare imprimer un tract, le Modem lui fait confiance. Ce parti n’est donc pas comme Saint Thomas: il ne croit pas que ce qu’il voit? Pas la peine, précise Mathieu Lamarre, de « jouer les contrôleurs ». 

Cela peut-il marcher? « On verra au soir du premier tour », sourit Jean-François Martins, qui l’assure: non, François Bayrou ne s’est pas fixé d’objectifs quant aux nombres de ‘coopérateurs’. L’idée, c’est juste d’attirer « des citoyens non encartés qui veulent aider mais sans, forcément, devenir adhérents. »  

Le côté ludique n’empêche pas de rester dans l’action politique traditionnelle, assure le mouvement centriste. Qui refuse, foi de Jean-François Martins, « d’entrer en guerre des deux clans« , celui des « partis provisoirement principaux », comme le veut l’adage bayrouiste. « Nous sommes au dessus de la mêlée, glisse le responsable de la communication, car cela ne fait pas avancer le débat d’idées ».  

N’attendez donc pas de vidéos comiques, comme le clip socialiste sur l’égalité. Ni de parodie sur le style d’Europe Ecologie-Les Verts pour faire le buzz. Pas pour le moment, en tout cas. 

PL

7 février 2012

Merkel, supporter en chef de Sarkozy

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, PS, UMP

 

 

 

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont accordé un entretien croisé à France 2 et la ZDF ce lundi. Une leçon: la chancelière allemande soutient totalement le futur candidat de l’UMP et critique frontalement François Hollande. 

Lu initialement sur L’Express.fr

Si Nicolas Sarkozy avait un fan-club, Angela Merkel pourrait le diriger, sans problème. Du moins, c’est ce qui ressort de l’entretien d’une vingtaine de minutes des deux dirigeants, diffusé sur France 2 et la chaîne publique ZDF. 

La chancelière allemande n’a cessé de défendre le chef de l’Etat, embourbé dans les sondages à quelques semaines de la présidentielle. Ce qui, d’ailleurs, lui semble normal: « Nous sommes de la même famille politique« , souligne-t-elle. Logique, aussi, selon elle, car Nicolas Sarkozy l’avait soutenue pour sa campagne, avant le début de son deuxième mandat, en 2009. Du coup, pour lui rendre la pareille, elle a confirmé qu’elle défendrait le président de la République, « quoi qu’il fasse » dans les prochaines semaines. En somme, pour souligner que Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore présenté. 

Ainsi Angela Merkel s’immisce-t-elle dans la campagne politique française. Et elle va même plus loin. Devant les deux journalistes, David Pujadas pour France 2 et son homologue allemand de la ZDF, elle s’en est prise à François Hollande. Le candidat socialiste souhaitait rencontrer la chancelière allemande avant le premier tour de la présidentielle? Peine perdue: Angie, comme on la surnomme outre-Rhin, a rappelé que cette entrevue n’était pas « prévue », ni à l’ordre du jour.  

Obama et Royal oui, mais pas Hollande

Le journaliste allemand qui lui a posé la question, lui avait pourtant rappelé qu’avant le début de son mandat, elle avait rencontré Ségolène Royal, la candidate socialiste d’alors, mais aussi le représentant de la famille des démocrates et futur président des Etats-Unis, Barack Obama. 

Réplique de la chancelière: « Nicolas Sarkozy n’a pas non plus reçu le chef de l’opposition social-démocrate, Frank-Walter Steinmeier. »  

Du coup, cela oblige François Hollande à la rencontrer après son éventuelle élection. Et ça coince, là aussi, au grand plaisir de Nicolas Sarkozy: le candidat PS veut renégocier, a-t-il redit sur Twitter, aujourd’hui, juste après le 14ème Conseil des ministres franco-allemand, « le Traité européen », pour y ajouter une partie sur la croissance en Europe? Fin de non-recevoir de la part d’Angie. Qui lui répond en prenant l’exemple turc: « Quand je suis arrivée à la chancellerie, je ne voulais pas poursuivre les pourparlers avec la Turquie sur l’adhésion à l’Union européenne, défendus par mon prédécesseur » Schröder. Elle n’avait pas eu le choix. 

Et là, c’est pareil. Les 26 chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord sur un pacte de stabilité financière. Point barre. Nicolas Sarkozy peut donc jubiler… 

PL

4 février 2012

Pourquoi les sympathisants de syndicats votent de plus en plus Le Pen

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon un sondage réalisé par l’Ifop, 25% des sympathisants de FO et 22% de ceux de la CGT veulent voter Le Pen à l’élection présidentielle. Comment expliquer ces scores aussi élevés? 

Encore un sondage qui ne laissera pas indifférent. Selon une étude de l’Ifop, parue dans L’Humanité de ce vendredi matin, 19% des actifs proches d’un syndicat souhaitent voter Marine Le Pen.  

C’est l’organisation Force ouvrière qui est la plus touchée par la percée du Front national dans le monde des salariés. Selon l’Ifop, 25% de leurs sympathisants voudraient glisser un bulletin Front national dans l’urne. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, interrogé par L’Express, ne se montre « pas vraiment surpris ». « Dans un contexte de crise, c’est normal qu’il y ait un vote contestataire de la part de gens dans la difficulté. »  

« Il y a, à FO, une diversité d’opinions, confirme Jérôme Fourquet, auteur de l’étude. Et dans les années 1970 et 1980, une part importante d’ouvriers proches du RPR et du gaullisme se tournait vers FO. » Et non vers la CGT et la CFDT, historiquement liés au PCF et au PS.  

« Petit à petit, cet électorat de la droite ouvrière a lentement glissé vers l’extrême droite, comme on l’a vu à l’occasion des élections cantonales de mars 2011 au cours desquelles les partis de droite ont souvent été battus dans les cantons populaires au profit de la gauche et du FN. La droite ‘populaire’ a abandonné Sarkozy », analyse Fourquet.  

Une part non négligeable des salariés de gauche a aussi rejoint le parti de Marine Le Pen. Ce que le sondage démontre. 22%, 17% et 13% des sympathisants, respectivement, de la CGT, de la CFDT et de Sud pensent voter pour la présidente du Front national. « Certains ouvriers, politiquement de gauche, n’y voient pas d’incompatibilité », estime Jérôme Fourquet.  

« Un rejet du système »

La preuve: la moitié des sympathisants de la CGT, proches du FN, préfèreraient voter Hollande à Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle de mai 2012.  

Ces derniers sont « touchés par les délocalisations, par la concurrence des produits fabriqués à l’étranger, et sensibles aux questions européennes », selon Fourquet, c’est-à-dire les thèmes de campagne du FN. Ce dernier « a capté les colères, les craintes et la demande de protection de cette classe populaire ». 

« Ce n’est donc pas un vote d’adhésion, avance Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC -dont 21% des sympathisants penchent pour un vote FN-, mais un rejet du système et des hommes politiques, qui selon les salariés, ne représentent plus le pays. » Le syndicaliste songe à toutes « ces promesses non tenues ». 

« Consigne de vote »

Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly pointe aussi du doigt « nos élites politiques » qui « devraient se poser quelques questions. »  

Pas la faute des syndicats, donc? « Tous les acteurs, syndicats et partis politiques, ont leur part de responsabilité, reconnaît Laurence Laigo, secrétaire nationale de la CFDT, chargée de la relation avec le monde politique. Il faut aller à la rencontre des salariés et leur donner des réponses face aux manques de repères. »  

Selon elle, « les propositions de Marine Le Pen ne sont pas porteuses d’avenir ». Les syndicats luttent donc contre les idées du FN. Sans grand succès, pour l’instant. Que faire de plus? « Pas grand-chose, répond Mailly, le syndicat ne doit pas non plus donner de consigne de vote. »

PL

2 février 2012

Quel rôle pour Fillon dans la campagne de Sarkozy?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Déterminé, le Premier ministre jouera un rôle important dans la campagne présidentielle. Il soutient « plus que jamais » le chef de l’Etat, ravi, forcément. Ce n’était pas joué d’avance, si l’on se fie à leur relation au début du quinquennat. 

François Fillon est l’invité, ce jeudi soir, de l’émission Des paroles et des actes sur France 2. Comme Alain Juppé, qui a porté, la semaine dernière, la contradiction à François Hollande, le Premier ministre pourra défendre le bilan de son mandat. Et par la même occasion, soutenir le futur candidat de la majorité, non déclaré à ce jour.  

« Loyal à 100 % au président de la République », confie un député filloniste, l’élu de la Sarthe sait qu’il ne peut faire autrement que mettre sa popularité au service du chef de l’Etat.  

Son job à deux mois du premier tour? D’abord « aller au charbon », sourit le maire du 15e arrondissement de Paris, Philippe Goujon qui le soutient aux législatives à Paris. Et « rappeler ce qui a été fait depuis cinq ans », souligne un parlementaire proche et fidèle au Premier ministre. Avant d’ajouter: « On n’est pas réélu président sur un bilan, mais celui-ci sert à crédibiliser le projet du candidat. »  

François Fillon assure aussi le service après-vente des mesures annoncées par le chef de l’Etat, dimanche dernier: il reçoit, à Matignon, les ministres concernés et organise, dans la foulée, une conférence de presse pour préciser les modalités d’application. C’est, en somme, dit Philippe Goujon, « faire le travail jusqu’au bout ».  

Enfin, depuis quelques mois, le chef du gouvernement fustige toujours plus les propositions de ses adversaires politiques. Au risque, parfois, de se montrer agressif dans des réunions publiques, aux quatre coins de la France ou encore lors du Conseil national de l’UMP, samedi dernier. Mais surtout dans les médias et à l’Assemblée nationale

Le « collaborateur » est devenu le « meilleur » Premier ministre

Et, justement, cette stratégie semble porter ses fruits. En tout cas, à en croire le chef de l’Etat: « Fillon m’est précieux », aurait-il dit, à la mi-janvier, lors d’un déjeuner avec la majorité. Ce serait même devenu le « meilleur Premier ministre ».  

Des louanges qui surprennent au vu de leur relation au début du quinquennat. Jusqu’à la crise de 2008, les deux hommes forts de l’exécutif ont eu du mal à s’entendre, à se comprendre. « Ils ont des caractères différents mais il y a une complémentarité entre les deux », veut croire Philippe Goujon.  

« Il n’y jamais eu de graves crises comme la Ve République en a connu avec les tandems Rocard/Mitterrand ou Chirac/VGE. Mais c’est vrai, admet l’élu parisien, qu’il y a eu des hauts et des bas. »  

« Le collaborateur », dixit le président de la République en août 2007, se « planquait » en effet, selon Sarkozy, au début de son mandat, au lieu de le « soutenir ».  

Ce n’est pas faute d’avoir essayé, aurait pu répliquer son Premier ministre. A la suite d’une interview sur Europe 1, par exemple, il reprochait au chef de l’Etat de trop contrôler ses sorties sur le terrain. Et il se plaignait aussi, en privé, de se faire parfois griller par les conseillers de Nicolas Sarkozy, comme le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, trop souvent à son goût sur le devant de la scène. 

« L’animateur de campagne »

L’histoire aurait pu se terminer par un divorce en novembre 2010, mais le chef de l’Etat le maintient dans ses fonctions. Et même si François Fillon affirme que Nicolas Sarkozy n’a jamais été son « mentor », le duo va finir par trouver son rythme. Surtout parce que le Premier ministre profite de 2011 pour défendre plus souvent son « patron ». 

Mine de rien, « Fillon a montré, durant son mandat, qu’il était un homme d’Etat », estime Philippe Goujon. Celui qui a rédigé le programme du candidat Sarkozy en 2007 aura donc une place importante dans la prochaine campagne, assure-t-on dans l’entourage du Premier ministre. En 2012, il sera « un animateur important, comme Juppé », en organisant, par exemple, des meetings. 

L’entente cordiale entre les deux hommes devrait donc durer au moins, jusqu’au 1er tour. Ensuite? L’un partira à l’assaut de Paris. L’autre? Seul lui le sait.  

PL

31 janvier 2012

Morin, Mélenchon, Villepin pour un référendum sur le nucéaire

Publié initialement sur L’Express.fr

Trois candidats, le gaulliste Villepin, le centriste Morin et l’ex-socialiste Mélenchon, défendent l’organisation d’un débat sur l’énergie de demain et la tenue d’un référendum sur le nucléaire. 

Sept candidats à la présidentielle se sont prêtés, samedi dernier, au jeu de l’association France Nature Environnement… Parmi eux, trois prétendants à l’Elysée, Dominique de Villepin, Hervé Morin, et Jean-Luc Mélenchon, proposent, en choeur, une consultation populaire sur l’épineuse question de l’énergie (comme Daniel Cohn-Bendit, dans le JDD). 

Il ne s’agirait pas simplement de poser une question sur le style: « Voulez-vous sortir du nucléaire ? » Trop bateau… Et puis, « ce serait démagogique, défend un membre de l’entourage de Dominique de Villepin, car tout le monde est conscient des risques de l’atome. » 

Non, mieux vaut débattre d’un sujet plus large. Dominique de Villepin souhaite un « Grenelle de l’énergie portant sur le mix énergétique ». Il s’agirait de réunir autour de la table associations et citoyens pour « définir la voie à suivre dans les prochaines décennies, sans oublier d’évoquer les ressources fossiles comme le gaz de schiste », dit-on dans l’entourage de l’ex-Premier ministre. 

Des tables rondes et des débats à la télé?

Philippe Vigier, secrétaire général du Nouveau centre, évoque, pour L’Express, « un débat sur le bouquet énergétique de demain, dont les énergies renouvelables ». 

Et du côté du Front de gauche, on veut discuter de « la sortie programmée du nucléaire, mais aussi de l’avenir des énergies carbonées, qui contiennent du gaz à effet de serre, et de l’économie d’énergie nécessaire, dans le logement par exemple. »  

Eric Coquerel, proche de Jean-Luc Mélenchon, imagine des tables rondes, des meetings, des face-à-face à la télévision. Il veut suivre « le modèle de la campagne pour le non au Traité européen en 2005″.  

Mais comment solliciter l’avis des Français sur un sujet aussi complexe? Le PS ne veut pas d’un référendum de ce genre, a déjà expliqué l’équipe de François Hollande, puisque ce serait poser une question trop compliquée.  

Pourtant, « les Français ont déjà répondu à des questions complexes comme sur le sort de l’Algérie et sur les institutions de la Ve République », réplique-t-on dans l’entourage de DDV. « Les Français sont adultes », renchérit Philippe Vigier du Nouveau centre. 

Les Français, friands du nucléaire?

Dernière question, à quoi sert un référendum si le candidat défend déjà une position? Ainsi, Dominique de Villepin prône une baisse de la part du nucléaire à 50% de la production de l’éléctricité d’ici à 2035. « Mais il convient de trouver un chemin qui fait consensus en France. D’où le débat », explique-t-on à République solidaire. 

« A titre personnel, Jean-Luc Mélenchon défend aussi la sortie progressive du nucléaire. Mais il veut interroger ses concitoyens car ce débat traverse toute la société », glisse Eric Coquerel. Y compris au sein du Front de gauche, admet-il volontiers. « La preuve: quand le Parti de gauche y est favorable, le PCF, pas du tout ». Et d’ailleurs, lui-même a changé récemment d’opinion. Avant Fukushima, il défendait encore le nucléaire.  

Un peu comme Hervé Morin qui soutient, encore aujourd’hui, cette énergie, garant, selon Philippe Vigier, « de l’indépendance de la France ». « Les Français, croit-il savoir, restent favorables à ce type d’énergie à condition qu’il soit plus sécurisé. » C’est ce que l’on verra peut-être si un débat public a effectivement lieu. 

31 janvier 2012

« Nicolas Sarkozy fait du deux en un, président et candidat »

Sarkozy ne veut pas encore se porter candidat à sa réélection officiellement, a-t-il dit ce matin aux parlementaires de l’UMP, réunis à l’Elysée. Mais « la patience fait monter le désir », s’est-il justifié. Qu’en pensent les députés?

 Lire la vidéo ici

Les parlementaires UMP ont été reçus, ce mardi matin, à l’Elysée, pour que Nicolas Sarkozy leur précise ce qu’il compte faire durant les dernières semaines de son quinquennat. 

30 janvier 2012

Sarkozy, le Gerhard Schröder français?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, partis de droite, politique francaise

Lu initialement sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy vante les réformes engagées par l’ex-chancelier allemand, Gerhard Schröder, pour justifier celles qu’il veut mettre en place. Outre-Rhin, ces mesures avaient été, à leur lancement, critiquées par une partie de la classe politique. 

« En Allemagne, elle a été mise en place en 2004 par un socialiste. » Voilà comment Nicolas Sarkozy a justifié (à tort), dimanche soir, l’augmentation d’1,6 point de la TVA. Le chef de l’Etat pensait au social-démocrate Gerhard Schröder, « un homme de qualité ». 

Ce chancelier est souvent cité par Nicolas Sarkozy. Mais qu’a-t-il fait pour mériter autant de louanges de la part du chef de l’Etat? L’Allemand, au pouvoir de 1998 à 2005, a réformé son Etat-providence, réduit les charges sociales en vue d’améliorer la compétitivité des entreprises. Et ce, contre l’avis des syndicats et d’une partie de l’opposition. Une illustration du « courage », que souhaite incarner le chef de l’Etat.  

Mesures critiquées 

En mars 2003, Gerhard Schröder se trouve donc au plus mal dans les sondages. Il s’appuie alors sur son parti, les sociaux-démocrates du SPD et ces partenaires écologistes de coalition, les Grünen, pour porter les grandes lignes de sa réforme. 

L’opposition chrétienne-démocrate de la CDU soutient, elle, le texte dans son ensemble. Mais puisqu’il faut se démarquer du gouvernement, l’alors chef de l’opposition, Angela Merkel, critique le plan, se demandant si le chancelier « perçoit bien la gravité de la crise » économique.  

L’aile gauche du SPD râle aussi. Mais pas pour les mêmes raisons: Andrea Ypsilanti, patronne en 2003 de la fédération du SPD en Hesse, refuse à l’époque, toute « remise en cause de l’Etat-providence ». Gerhard Schröder s’en défendra plus tard dans une interview à l’hebdomadaire Der Spiegel d’octobre 2006, en faisant un parallèle avec les mobilisations en Allemagne: « Les gens ont manifesté car ils pensaient qu’on cassait le modèle de l’Etat-providence, mais ce n’est pas vrai. » 

L’ex-chancelier a donc réussi à réformer son pays, malgré les critiques venues de gauche, comme de droite. Mais, pour Nicolas Sarkozy, il a pu réussir telle prouesse, grâce à un allié de poids: les syndicats qu’ils jugent, moins « politisés » qu’en France.  

Les défaites du SPD 

Au pouvoir, Gerhard Schröder n’était pas de cet avis. Interrogé parDer Spiegel, il faisait état d’une méfiance non négligeable de leur part: les chefs, de l’époque, des syndicalistes d’IG Metall et de Ver.di, auraient été très « agressifs » à son encontre. Et auraient entravé le processus de mise en place de la réforme, qui commence en 2006, selon lui, à « porter ses fruits ».  

Enfin, dernier axe de la comparaison franco-allemande que dresse Nicolas Sarkozy: Schröder, très impopulaire au moment de la mise en place de ses réformes, est finalement sorti vainqueur des législatives anticipées de 2005. Signe qu’en oeuvrant pour le pays, même lorsqu’on prend des mesures douloureuses, on peut s’en sortir dans les urnes.  

Là aussi, ce n’est pas non plus tout-à-fait exact. Certes, Gerhard Schröder signe une remontée incroyable pour remporter le scrutin, mais son impossiblité à constituer une alliance avec le reste de la gauche le contraint à négocier avec la droite. Au final, il laissera la place de chancelier à Angela Merkel et démissionnera du Bundestag.  

Et c’est sans compter sur les défaites du SPD aux élections locales entre 2003 et 2005. Le parti de Gerhard Schröder s’est vu concurrencer par la gauche de la gauche, ainsi que par l’extrême droite. Le 19 septembre 2004, en Saxe, par exemple, le SPD n’obtient que 10% des suffrages, soit 0,2 points de plus que le NPD (extrême droite).  

Aujourd’hui, le SPD profite de l’impopularité de la coalition de centre-droit d’Angela Merkel, à bout de souffle, à un an des élections générales. Mais, une chose est sûre, le SPD, qui a perdu beaucoup d’adhérents, a eu du mal à tourner la page de la réforme imaginée par Gerhard Schröder. 

En prenant exemple sur l’ex-chancelier, Nicolas Sarkozy risque bien de précipiter l’UMP dans pareille spirale.  

29 janvier 2012

Bruno Le Maire à l’heure des doutes

Lu initialement sur L’Express.fr

Bruno Le Maire va faire connaître, ce samedi, les projet de l’UMP, soumis au vote des militants, lors d’un conseil national. Mais depuis qu’on lui a confié le poste de rédacteur du projet du parti, il cultive sa différence dans les propositions. 

Ce samedi, le conseil national de l’UMP aura un drôle de goût pour Bruno Le Maire. Le ministre de l’Agriculture doit en effet y présenter les propositions du parti pour le candidat de la majorité. L’aboutissement de plusieurs mois de travail au service du collectif. 

L’heure n’est pourtant pas à l’auto-satisfaction, plutôt aux doutes. Ces dernières semaines, on l’a vu faire entendre sa différence sur plusieurs sujets, sur la TVA ou la loi sur le génocide arménien. S’il réaffirme « une grande loyauté » envers Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire revendique « un ton singulier ». « Je reste déterminé à défendre mes idées, je ne suis pas un petit robot », explique-t-il à LEXPRESS.fr.  

Surtout, le 16 janvier, il brise un tabou dans une interview accordée à Libération. Le bilan de Nicolas Sarkozy? « Il est bon, mais il faut reconnaître les erreurs », explique-t-il, ciblant, parmi les « échecs » du quinquennat le bouclier fiscal, le débat sur l’identité nationale, ainsi que la hausse du chômage…  

Si le député de la Droite populaireLionnel Luca lui conseille de démissionner, Jean-François Copé préfère minorer. « Personnellement, je ne verse ni dans le triomphalisme, ni dans l’auto-flagellation. Mais après tout, chacun fait comme il le sent », glisse le secrétaire général de l’UMP. 

Pour un membre du gouvernement, les choses sont simples: Bruno Le Maire ne croit plus à la victoire. « Il est convaincu que le président veut avoir raison contre tous et que le syndrome CPE le guette », précise ce ministre. A en croire cette même source, le ministre n’est pas tendre avec le chef de l’Etat. Il estime que le président de la République n’écoute plus qu’une poignée de conseillers de l’Elysée, à l’origine des choix qu’il annoncera dimanche soir à la télévision. Parmi eux: les sondeurs Patrick Buisson et Pierre Giacometti. « A moins d’un miracle, il juge que le lien entre les Français et le président est irrémédiablement abîmé. » 

Y aurait-il quelque amertume chez l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin? Bien que pensant avoir réussi à l’Agriculture -il se compare volontiers à son illustre prédécesseur Jacques Chirac dans ce domaine- il a échoué en juin 2011 à obtenir le ministère de l’Economie que le chef de l’Etat lui avait pourtant promis. Pire, c’est son « ami » François Baroin qui obtient le poste… 

A partir de ce moment-là, Bruno Le Maire commence à cultiver sa différence sur le fond, alors qu’il est censé plancher sur le projet de l’UMP, avec l’aide de Jean-François Copé.  

Début septembre, la première mouture du projet UMP qu’il a présentée à Marseille, a fortement déplu. « Oui, cela a été difficile, le projet a été très critiqué », se souvient Bruno Le Maire. Les deux mesures, qu’il prône encore aujourd’hui, ont finalement été retirées du texte, faute d’unanimité: la fiscalisation des allocations familiales et une baisse des allocations chômage des cadres. 

« Je n’ai jamais voulu faire du bruit », assure, aujourd’hui, le ministre, tout de même décu de ne pas avoir pu « aller plus loin » avec ses « idées nouvelles ». Pour ne pas « diviser », il a donc préfèré faire machine arrière pour que, dit-il à Europe 1 le 5 septembre, « la philosophie du projet rassemble l’ensemble des sensibilités de notre famille politique. » Comme un parfum de résignation… 

28 janvier 2012

Sarkozy et l’environnement: du Grenelle au désamour?

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet va défendre, ce samedi, son Grenelle de l’environnement auprès de l’association France Nature environnement. L’occasion pour LEXPRESS.fr de revenir sur l’intérêt de Nicolas Sarkozy pour les questions écologiques. 

Elle aura à coeur de défendre le bilan de « son » Grenelle. Nathalie Kosciusko-Morizet s’apprête à passer, ce samedi, un oral de quinze minutes auprès de l’association France Nature Environnement (FNE). Sur le modèle de ce qu’avait fait Nicolas Hulot en 2007 avec son « pacte écologique », FNE veut entendre ce que les candidats à la présidentielle ont à dire sur le sujet de l’écologie. 

La tâche est lourde pour NKM, tant Nicolas Sarkozy s’est éloigné de ses premières amours pour le développement durable, matérialisées par le Grenelle de l’environnement. En mars 2010, le chef de l’Etat lâchait même: « L’environnement, ça commence à bien faire ». Et début janvier 2012, il critiquait les règles écologiques administratives trop « tatillonnes ». 

La ministre de l’Ecologie préférera certainement insister sur les prochains mois, voire sur le prochain quinquennat en cas de victoire de Nicolas Sarkozy en mai prochain. Pour le moment, l’UMP ne propose rien de plus que « la poursuite du travail du Grenelle », perçu comme une « révolution » au parti majoritaire, comme l’affirme le député sarkozyste Alain Gest. « La Cour des comptes nous a même reprochés d’avoir vu trop grand, notamment sur les transports et les économies d’énergie », claironne l’élu de la Somme, chargé des questions d’énergie à l’UMP.  

Son collègue des Bouches-du-Rhône, Eric Diard, qui s’occupe des questions d’écologie, se félicite, lui, de la création de « la taxe sur les véhicules bonus-malus qui a fait que la France possède désormais le parc automobiles le moins polluant d’Europe. » A propos du Grenelle, « le bilan est parfois mitigé, admet l’élu. La réduction des déchets avance lentement, par exemple. Mais ce n’est pas en six mois que cela se joue, il faudra attendre plusieurs années ».  

Un bilan « mitigé »

Le rapporteur de la loi Grenelle II, le député radical Bertrand Pancher, abonde en ce sens. « Il y a eu des avancées » mais « la France pourrait mieux faire ».  

« Des décisions sont prises au niveau national sans toujours se préoccuper des caractéristiques des territoires », avance cet élu de la Meuse. Qui prend l’exemple de l’obligation d’installer devant chaque cours d’eau une bande de plantation ou d’herbes: « Il est parfois dur d’appliquer cette règle en raison de certains terrains drainés. »  

Autre difficulté évoquée par l’élu radical: l’opposition des habitants à l’installation d’éoliennes terrestres qui augmentent petit à petit. « Dans ma circonscription de Bar-le-Duc, explique Pancher, il y en a presque 300, ce qui pose des problèmes de télévision et de nuisances visuelles. » 

L’installation de cette source d’énergie sur le territoire français reste toutefois insuffisante, selon Jean-Louis Bel, président du syndicat des énergies renouvelables. « Il ne faut pas confondre déception et impatience », sourit Eric Diard.  

Des mesures fiscales incitatives dans le projet UMP

Des couacs, il y en a eu et il y en aura toujours, compte tenu de l’ampleur des décisions actées dans le Grenelle. La Cour des comptes en a retenu un majeur dans un rapport récent, qui critique le volet fiscal du Grenelle « pas respecté, incohérent, (et) inefficace ». « On a échoué sur la taxe carbone, admet Eric Diard, mais ce n’est pas de notre faute, le Conseil constitutionnel a censuré le texte. » 

Plus que le contenu même du Grenelle, ce sont les récents propos du chef de l’Etat, qui interpellent les associations. France nature environnement a très certainement hâte d’entendre ce que Nicolas Sarkozy, par le biais de NKM, a à leur dire.

P.L

1...34567...25

LIVRY SUR SEINE |
Le blog des idées non-reçue... |
MoDem de l'Ariège |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Bernard Ramond - Pour que v...
| la republique c'est l'arrac...
| UNI ...